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Procès Raissouni : Appel à la raison et à la justice

Le procès du journaliste Souleiman Raissouni a repris cette semaine, en appel. Des organisations nationales et internationales espèrent que cette deuxième partie du procès permettra « de compenser de nombreuses irrégularités de procédure ». 

La première audience du procès en appel, s’est tenue le 13 octobre.  C’était la première apparition publique de Raissouni depuis quatre mois. Le rédacteur en chef quotidien Akhbar Al Yaoum (en cessation de paiements depuis mars 2021) s’était rendu pour la dernière fois à la Cour d’appel de Casablanca le 10 juin dernier. Depuis cette date, son procès s’est déroulé en son absence. Pour son retour au tribunal, son passage n’a duré que 15 minutes comme nous expliqué son avocat Me Miloud Kandil. « Souleiman a demandé à recevoir une copie du prononcé du jugement. Le président de la Cour a répondu positivement et immédiatement à sa requête. Nous avons demandé pour notre part un report pour préparer la défense », résume Me Kandil, joint par téléphone par ENASS. C’est le juge Hatimi, président de la Chambre criminelle près la Cour d’appel qui présidera cette deuxième phase de ce procès tant attendu.

Le procès est reporté pour le 27 octobre prochain. Plusieurs organisations de défense de la liberté d’expression et des droits humains, ont pris position en faveur de Raissouni. Elles insistent pour qu’il « bénéficie d’un procès juste et équitable » et qu’il soit poursuivi en liberté provisoire.

RSF, PEN International et 10 Comités de soutien

Reporters Sans Frontières (RSF) espère que « ce nouveau procès soit une occasion unique de compenser les nombreuses irrégularités de procédure, qui ont été jusqu’à présent constatées », déclare le directeur du bureau Afrique du Nord de RSF, Souhaieb Khayati. RSF s’inquiète aussi de « son état de santé qui est toujours extrêmement préoccupant ». Pour cette raison médicale, elle rappelle que « la place de Souleiman Raissouni n’est pas dans une prison ».

PEN International, organisation internationale basée aux Etats-Unis a également publié un communiqué de presse appelant à la libération de Raissouni et Omar Radi, en attendant leurs procès en appel. Ma Thida, président du comité des écrivains en prison de PEN International a déclaré : « Les voix indépendantes ne doivent en aucune circonstance être emprisonnées, ciblées par des campagnes de diffamation, soumises à des procès inéquitables ou intimidées pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression. Les autorités marocaines doivent immédiatement libérer les journalistes Soulaiman Raissouni et Omar Radi, garantir des procédures judiciaires équitables, et mettre fin à la répression de la liberté d’expression dans le pays », a-t-il déclaré.

Au Maroc, les organisations nationales ayant exprimé un franc soutien à Raissouni ont publié un communiqué conjoint, signé par dix comités de solidarité présentes dans plus de dix villes marocaines. Dans ce texte on peut lire : « Les organes signataires considèrent le procès en première instance du journaliste Souleiman Raissouni inéquitable et invalide ». Elles renouvellent leur demande « d’abandonner les poursuites à son encontre, après qu’il ait été clairement confirmé que son procès avait des dimensions politiques et de vengeance en recourant à la justice pour régler comptes avec les voix critiques dans le pays ».

122 jours de grève de la faim

Raissouni est poursuivi pour “agression sexuelle” et « séquestration ». Il a été condamné en première instance le 10 juillet dernier, à cinq ans de prison ferme. Souleiman Raissouni a toujours contesté les faits qui lui sont reprochés. Affaibli par une longue grève de la faim, Souleiman Raissouni n’a pas assisté au prononcé du verdict, faute de pouvoir “’être transporté en ambulance et d’avoir un fauteuil roulant”, comme il en avait fait la demande.

« Raissouni avait cessé de s’alimenter normalement pendant 122 jours pour protester contre la prolongation de sa détention provisoire pendant plus d’un an. Sa grève de la faim lui a laissé d’importantes séquelles. Il souffre toujours d’hypertension, il est paralysé de la jambe droite et à des moments d’absence fréquents. Son état nécessite encore un traitement médical, et un soutien psychologique important », insiste RSF dans sa déclaration.

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