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Normalisation avec Israël : Des journalistes marocains disent « NON » 

Chrinine CERCUEUIL

Une centaine de journalistes marocains ont publié un appel le 13 juin dernier où ils affirment leur refus du processus de normalisation politique et médiatique avec l’Etat sioniste. 

« La normalisation des médias avec l’occupation sioniste est un crime contre les Palestiniens, les Marocains et l’humanité ». Ce sont les termes choisis par ce collectif d’une centaine de journalistes marocains de divers horizons ayant publié l’appel « Journalistes marocains contre la normalisation avec l’occupation sioniste », le 13 juin dernier. Ces professionnels des médias « condamnent des violations israéliennes contre les journalistes et tous les Palestiniens et expriment leur solidarité absolue avec les victimes et leurs familles ». Ils exigent de « l’État marocain d’arrêter le processus de normalisation et de continuer à soutenir le droit palestinien par tous les moyens, y compris la promulgation d’une loi criminalisant la normalisation avec l’occupation, jusqu’à ce que la Palestine soit libérée ».

« Une falsification de la vérité »

Pour ces journalistes, Israël est ennemi de la liberté de la presse. « L’occupation israélienne a toujours été un ennemi de la liberté d’expression et de la presse en Palestine ». L’appel rappelle des chiffres : Le nombre de journalistes abattus par l’armée d’occupation a atteint 55 martyrs depuis 2000. Le 31 mai dernier, notre collègue, Ghoufran Warasna à Al Khalil, est tombée sur le champ de bataille pour la liberté de la presse. Sans oublier plus de 368 violations israéliennes contre des journalistes en 2021, et 100 violations depuis le début de cette année opérées sur des journalistes lors de leur couverture des événements.

L’acte qui suscite l’ire de ces journalistes c’est l’ouverture de deux bureaux de I24 NEWS, chaîne franco-israélienne, propriété de l’homme d’affaires Patrick Drahi. Cette chaîne connue pour sa défense sans faille du sionisme et ses crimes est contestée par les signataires. « Le dernier acte de cette vague de normalisation est l’octroi d’une licence à une chaîne israélienne à ouvrir deux bureaux au Maroc, à un moment où la blessure est encore vive de l’assassinat, de sang-froid et devant les yeux du monde, de notre collègue journaliste Shireen AbuAqleh par l’armée d’occupation », regrettent les signataires. 

La normalisation médiatique joue un rôle dans la falsification de la vérité selon ces journalistes. « La normalisation des médias marocains avec les institutions israéliennes est également une implication claire dans la falsification de la vérité, l’encouragement au meurtre d’innocents, le vol de terres, la démolition de maisons et l’effacement du récit palestinien et son remplacement par un faux récit sioniste qui déforme le présent et l’histoire », peut-on lire dans l’appel. 

Les signataires appellent à deux actions urgentes. La première, l’engagement des journalistes au Maroc « dans la lutte contre tous les discours de haine, y compris les discriminations à l’encontre des juifs ». La deuxième action, l’appel lancé aux « médias et aux journalistes indépendants à faire la lumière, en toute indépendance, sur la cause palestinienne et à dénoncer les violations sionistes en cours contre le peuple palestinien ». 

En tant que média engagé en faveur des droits humains dans leur universalité, ENASS.ma soutient cet appel. 

A lire aussi : La journaliste d’Aljazeera, Shirine Abou Akla tuée  par un sniper

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