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Le blocage de la SNIA : quelle relation avec le drame de Melilla ? 

Par Chaimae Makhtoum

Le nombre de migrants morts et blessés suite aux événements tragiques de Melilla ne cessent pas d’augmenter. Nombreuses sont les raisons derrière ce drame, mais est ce que le blocage de la “SNIA” a aussi joué un rôle  à l’apparition de ces événements. Az Elarab Lahkime Bennani, Professeur de philosophie à l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, et vice-directeur du Laboratoire Droit, Philosophie et Société, nous parle du rôle du blocage de la SNIA dans ces évènements du 24 juin.

Professeur Az Elarab Lahkime Bennani, Professeur de philosophie à l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, et vice-directeur du Laboratoire Droit, Philosophie et Société

ENASS: Qu’est ce que vous pouvez dire sur les événements du 24 juin à Melilla ?

Professeur Az Elarab Lahkime Bennani: J’ai appris avec stupéfaction ce qui est arrivé le 24 juin, certes, ce n’était pas la 1ère fois qu’on vivait ce genre de drame, mais le nombre important de personnes blessées et décédées donnent un grand signal d’alarme pour le Maroc, qui est chargé de canaliser, de refouler, et de garder une masse importante des immigrants en provenance de différents continents, afin de ne pas traverser les frontières vers les pays voisins. Alors on peut dire que notre pays a de multiples responsabilités ; d’abord, le contrôle des frontières avec les pays voisins, et le déplacement forcé des immigrants au sein de son territoire.

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ENASS: Est-ce que peut dire que le blocage qu’a connu la Stratégie Nationale d’Immigration et d’Asile depuis 2017, est parmi les causes de ces événements ?

Professeur Az Elarab Lahkime Bennani: Je crois que oui, la Stratégie Nationale d’Immigration et d’Asile a connu un blocage depuis 2017, notre gouvernement n’essaie que de remplir sa mission principale et de coopérer avec les pays voisins comme l’Espagne, et donc notre travail reste limité d‘essayer de surveiller les zones de passage, et de faire des déplacements forcés et d’éloigner les immigrants depuis les villes de passages vers des autres comme Beni Mellal, Fès, Meknès et autres, alors c’est le moyen pertinent qu’on utilise depuis toujours pour diminuer la pression sur les zones de passages vers Ceuta et Melilla. Je peux ajouter aussi que la question migratoire ne fait pas partie des intérêts des partis politiques, et généralement on la traite comme un problème et une menace.  

ENASS: A votre avis, en se basant sur cette situation dramatique, est ce qu’on doit relancer la SNIA, ou on a vraiment besoin d’une politique migratoire nationale pour sortir de cette situation ?

Professeur Az Elarab Lahkime Bennani: Je crois qu’il est temps d’opter pour une politique migratoire nationale, car jusqu’à aujourd’hui on n’a pas une définition officielle et juridique du migrant et d’immigration. En outre on n’a pas une loi claire concernant la migration, et donc afin de traiter la question migratoire on essaie de coopérer avec le Haut Commissariat des Réfugiés ou avec l’Organisation Internationale des migrations. 

Ainsi, le problème qui se pose, c’est qu’on considère la migration comme une affaire étrangère, causée  par ces réseaux des trafiquants et des passeurs, et on néglige notre responsabilité interne et concernée par la question migratoire.

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