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Conférence de migration 2022, Un premier bilan

L’Université Mohammed V de Rabat a accueilli “The migration conference 2022 ” du 07 au 10 septembre. Une rencontre que le Maroc et l’Afrique accueillent pour la première fois.

The migration conference 2022 Rabat. Crédit photo: I.B ENASS

Ce congrès est une manifestation scientifique d’envergure internationale sur les questions migratoires. Elle se présente sous forme d’une série annuelle de forums universitaires qui rassemblent des académiciens, des chercheurs, des décideurs, des représentants de médias et de la société civile. L’édition marocaine a été riche en débats et en rencontres. Des chercheurs marocains ont contesté ce qu’ils estiment « leur exclusion » de cette rencontre. 

Une édition particulière 

« C’est la première fois que cette conférence se tient dans un paysafricain. Notre continent est considéré comme le berceau de l’humanité, avec ces particularités de races, de cultures, de religion et d’influences venant de tous les horizons », explique Mohamed Khachani, président de l’Association marocaine d’Etudes et de recherche sur les migrations au Maroc (AMERM). Et d’ajouter : « Depuis quelques décennies, le Maroc est devenu un pays de transit et de plus en plus un pays d’installation pour des migrants d’horizon divers principalement d’Afrique subsaharienne».

Cette conférence sur les migrations a accueilli environ 500 participants d’environ 60 pays qui assistent et participent à plus de 80 sessions parallèles, tables rondes, ateliers et plénières.

« Dans la région de l’Afrique du Nord, la migration constitue un phénomène sociétal majeur, c’est cette importance et le partage de culture, d’histoire commune qui a poussé le comité scientifique à élargir les séances organisées par le Maroc, pays hôte de cette manifestation, à toute cette région et inviter des chercheurs de ces pays pour participer à cette conférence; chose qui rend cette édition très particulière », affirme le président de l’AMERM. 

Un programme dense qui touche aux questions des migrations dans le monde entier, la migration en Afrique du Nord, les migrations des compétences, l’impact direct et indirect du Covid-19 sur les migrants et les réfugiés, intégration des migrants, médias et migrations en Afrique du Nord, toutes ces thématiques ont pu être abordées. 

« Dans les sept sessions consacrées aux migrations en Afrique du Nord, nous avons choisi des thématiques qui touchent les différents aspects de migrations dans cette région. Nous avons aussi choisi une session sur la migration Nord-Sud, parce que généralement, quand on parle de migration, on est focalisé sur la migration sud-nord ou sud-sud. Nous avons décidé de montrer qu’elle peut être aussi Nord-Sud, d’ailleurs nous avons au Maroc des migrants américains, français, suisses, italiens… », explique Mohamed Khachani.

Pour rappel, les premières conférences sur la migration ont été lancées en 2012 au Centre d’études transnationales sur le campus Regent’s Park de l’Université Régent de Londres. Les conférences suivantes ont été organisées à Londres (2014), Prague (2015), Vienne (2016) Athènes (2017), Lisbonne (2018), Bari ( 2019) Tevo (2020) et Londres (2021), et en raison de la crise COVID-19, les deux dernières éditions sont été tenues en ligne. L’édition marocaine n’a pas manqué de soulever des critiques parmi des universitaires marocains. 

Contestation de Pr Belguendouz

Pr. Abdelkrim Belguendouz, chercheur reconnu en migration et auteur de plusieurs ouvrages, a exprimé avant et durant le congrès ce qu’il estime son « exclusion de cette rencontre scientifique ». Dans un message adressé aux médias, le Pr Belguendouz dénonce cette exclusion : « Sous couvert cette fois-ci de l’AMERM, voilà que l’esprit sectaire et d’exclusion pratiqué par les dirigeants du North African Migration Academic Network, (NAMAN) et son comité «national» marocain , continue de plus belle, en impliquant cette fois-ci l’Université Mohammed V, la Faculté de droit de Rabat-Agdal en tant que co-organisateurs de la rencontre internationale de Rabat sur les migrations ». 

Dans une lettre publiée en août 2020, l’universitaire marocain rappelait quelques faits : « Tel que nous continuons à le concevoir, l’agenda national de la recherche devrait couvrir tous les aspects internationaux de la migration pour le Maroc: immigration étrangère et asile au Maroc, émigration du Maroc vers l’étranger (nationaux et étrangers), communauté marocaine résidant à l’étranger dans toute sa diversité. La recherche doit en effet jouer un rôle très important afin d’orienter la prise de décisions et de mieux éclairer et guider l’action: maîtriser la connaissance du fait migratoire dans toutes ses dimensions pour fonder et adosser les politiques adéquates en connaissance de cause, à travers des faits et des preuves et tenir compte des propres besoins du Maroc ». 

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