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Ouled Ziane : 10 clés pour comprendre cette “crise de l’accueil”

Depuis quelques jours, les quartiers limitrophes de la Gare routière d’Ouled Ziane à Casablanca sont à nouveau sous tension en raison de la présence, des personnes en migration. Comprendre cette “crise” en dix points.

#1

Cette semaine des habitants du quartier Ouled Ziane ont protesté contre la présence des « Exilés » autour de la Gare routière de Casablanca. Revendication légitime et prévisible face à la démission des pouvoirs publics à gérer une situation de crise humanitaire qui dure.

#2

L’existence de ces campements est DIRECTEMENT liée aux politiques répressives poursuivies contre les migrants. Le premier groupe arrivé en Dec. 2015 a été refoulé de force de Nador. Depuis, cette migration en errance existe à Casa.

#3

En juin 2019, le campement le plus grand comptait 1000 migrants. Il a pris feu à la suite d’un incendie « accidentable ». Conflits entre les migrants eux-mêmes et avec les riverains ont contribué à mettre fin à ce camp. Les autorités choisissent à chaque fois de laisser pourrir la situation.

#4

Les autorités se contentent d’opérations de délogements périodiques (2 en 2021) sans grand effet, car les Exilés reviennent à cette zone et sans réponse humanitaire. Ce sont les mêmes politiques à Paris ou à Calais. Harceler et fatiguer les migrants pour qu’ils renoncent à leurs projets migratoires.

#5

Depuis avril 2022, la présence accrue des migrants à Ouled Ziane est la conséquence directe des ratissages de campements de Nador, Oujda, Tanger et Benyounech

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#6

Casa n’est pas la seule à vivre cette situation. Béni Mellal, Kouribgha ou Chichaoua deviennent une escale forcée des exilés avec que cela comporte comme altercation avec la population locale.  Ce qui résume l’impasse de la (non)politique migratoire du Maroc.

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#7

Le cri de cœur des habitants donne lieu à une mise en concurrence entre les vulnérables marocains et étrangers. Dans un contexte de crise sociale et de cherté de la vie, on oriente le regard ailleurs, vers l’étranger désormais « source du mal ».

#8

On assiste aussi à une démission des ONG marocaines et celles des personnes en migration qui ne regardent pas ces exilés et ne jouent pas un rôle de médiation inter-culturelle dans une zone aujourd’hui chaudron sociale.

#9

L’argent européen reçu par le Maroc et par les ONG ne profitent pas à ces migrants qui vivent dans une extrême vulnérabilité. Seul un projet existe avec de très faibles moyens et une présence discrète. L’Europe finance en premier la sécurité des frontières.

#10

A retenir : Ces exilés vivent dans une grande précarité, ils dorment dans des cimetières, ils partagent leur destin avec les SDF marocains. La vraie question : Quelle réponse humanitaire à apporter, par l’Etat et par la société, à ces personnes, vivant en situation de rue durant cette période de froid hivernal ?

Sources Photos : ENASS.ma et Karim MEDOUARI

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