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À Sefrou, répression des paysans et leurs soutiens

Azzeddine Ba Sidi est un militant de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH) à Sefrou, il vient d’être condamné à 2 mois de prison ferme. Il a été engagé dans le soutien des paysans du douar de Zouiat Sidi Benaissa près de Sefrou pour l’accès à l’eau. Récit. 

Au cœur de la tension, la répartition qu’ils estiment « inégale » avec « les grands propriétaires des terres et la féodalité locale ».

Le douar de Zouiat Sidi Benaissa réclame depuis 2017 une meilleure répartition de l’eau d’irrigation en faveur des petits agriculteurs. Face à la sécheresse de cette année, ces villageois, faisant partie de la commune rurale Aghbalou, province de Sefrou, ont mené plusieurs actions de protestation notamment une marche en septembre 2022 avec une marche jusqu’à la ville de Fès. Au cœur de la tension, la répartition qu’ils estiment « inégale » avec « les grands propriétaires des terres et la féodalité locale ».

L’eau, une affaire de classe sociale

Un dialogue avait été ouvert avec les paysans et les autorités locales, sans aboutir à des solutions satisfaisantes. Le 6 février dernier, les paysans ont organisé une nouvelle action de protestation. Azzeddine Ba Sidi, militant de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH) à Sefrou, sera arrêté à la suite de cette protestation. Le comité local de soutien estime que son « procès est politique » et « en lien avec son action de soutien aux habitants de Sidi Benaissa ».

Après deux audiences, le Tribunal de première instance (TPI) de Sefrou a abandonné les charges d’outrage, injure et diffamation, tandis que Ba Sidi a été inculpé de participation à « un attroupement non autorisé et provocation ». La Cour a prononcé le 3 mars 2023, une peine de deux mois de prison et une amende de 6 000 dirhams contre lui. 

Le comité local de soutien à Ba Sidi « exprime sa ferme condamnation face à ce verdict injuste, se dresse contre ce simulacre de procès, avec des accusations fabriquées et impliquant des règlements de comptes visant à intimider les paysans et leurs luttes pour leurs droits légitimes ». Le comité local de soutien, composé de partis politiques de la gauche radicale et d’ONG de défense des droits humains et de syndicats, exige « l’abandon de toutes les charges retenues contre Ba Sidi car c’est une tentative d’intimider les luttes populaires des paysans et de les décourager de s’engager réellement dans des luttes populaires pour affronter des politiques publiques d’appauvrissement ».

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