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À Rabat, le quotidien difficile des réfugiés

L’Association marocaine des droits humains, section de Rabat (AMDH) a organisé une rencontre virtuelle le 15 avril dernier pour faire un état des lieux de la situation des migrants et des réfugiés. Compte rendu.

C’est le même scénario qui se répète depuis plusieurs années, les demandeurs d’asile et les réfugiés au Maroc « subissent des violations de droits humains au Maroc », c’est la principale conclusion d’une rencontre en ligne organisée par l’Association marocaine des droits humains, section de Rabat (AMDH), 15 avril avec la participation d’activistes et chercheurs en migration. Les participants ont mis en exergue la situation « difficile » de cette population sur le territoire marocaine. Les participants ont rappelé que depuis le 24 juin 2022, les réfugiés sont empêchés de « trouver un endroit où s’installer, de pratiquer leurs activités, et vivre dignement ». Face à l’allongement des délais de traitement de leurs dossiers auprès du HCR Maroc, « ils sont obligés d’attendre des semaines pour obtenir un rendez-vous », observe Chadi Boukhari, membre de la section Rabat de l’AMDH. Bloqués au centre du Maroc et interdits de s’approcher des zones frontalières, les réfugiés, spécialement soudanais et tchadiens, souffrent psychologiquement et physiquement. 

Errance sans direction

Chadi Boukhari, membre de la section Rabat de l’AMDH, décrit la souffrance des réfugiés et des demandeurs d´asile : « C’est une réalité amère et un désastre pour cette population. Les difficiles conditions de vie d’un réfugié ou d´un demandeur d´asile à Rabat sont condamnables » 

Les réfugiés sont exposés à de multiples formes de violence. Dans ces situations de grande précarité, ils peuvent faire l’objet de violations de leurs droits.  

Chadi Boukhari estime que « le Maroc doit assumer pleinement ses responsabilités pour assurer une protection de ces personnes ». L’AMDH avait appelé, à plusieurs reprises, l’arrêt des déplacements forcés depuis la capitale vers d’autres villes. Le militant de l’AMDH appelle aussi le HCR Maroc a assuré « pleinement ses devoirs de protection pour cette population ». En attendant, l’AMDH poursuit un travail de sensibilisation et de suivi de la situation de ces personnes et « pour donner voix à ces personnes bloquées au Maroc ». 

Cette incapacité à rejoindre l’Europe et l’impossibilité d’un retour au pays natal, fait qu’un réfugié peut vivre un certain cauchemar.  Nabil Ferdaoussi, doctorant- chercheur en anthropologie a insisté sur « les difficultés morales et physiques qui accompagnent la vie des demandeurs d’asile et les réfugiés qui ont perdu totalement le droit de choisir, de décider et de revenir dans leurs pays sans aucun obstacle ou contrainte imposée de la part de l’institution concernée ». 

Cet étudiant chercheur au sein de l’Université de Cape Town note que « les réfugiés sont souvent victimes d’emprisonnement, de torture ». Et ce dernier de conclure : « La situation actuelle nécessite une intervention de la part de l’Etat pour trouver une solution adéquate, surtout que ces personnes sont dans une grande précarité sociale et juridique ». 

À noter que le Maroc compte 20.000 réfugiés et demandeurs d’asile. Seuls 45% parmi eux en 2020 avaient un titre de séjour valide, selon le Haut-commissariat au plan (HCP). 

Par Imane Lemtalek (Stagiaire)

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