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« Mazal Tefla » : Stop aux mariages des fillettes

Intitulé « Mazal Tefla », qui signifie « Encore une enfant » est un documentaire de la réalisatrice Meryem Ait Aghnia et la journaliste Camélia Echchihab. Elles donnent la parole à quatre victimes du mariage des fillettes. ENASS a assisté à l’avant-première. Ambiance d’un film coup de poing.

Touchant ! Bouleversant !  Ce sont les premières réactions du public qui a assisté à la projection de ce documentaire le 4 mai à L’Uzine à Casablanca. Meryem Ait Aghnia et Camélia Echchihab ont pu nous rapprocher des souffrances des victimes du mariage de fillettes. Au Maroc, le mariage des fillettes demeure pratiqué dans les tribunaux du royaume. En 2022, 20 097 demandes ont été déposées, 68% de ces dossiers ont été acceptés par les magistrats des tribunaux de la famille. 13 600 mariages de fillettes ont été actés. Une violence maquillée par une exception législative, un interprétative des magistrats et de fausses raisons culturelles et sociales.    

Mariage des fillettes : Un Viol de l’enfance

« Quand tu as 14 ans, il y a beaucoup de choses que tu ne sais pas. A cet âge-là, on a besoin de quelqu’un pour ne guider »

Amina.

Aujourd’hui adultes, ces quatre femmes qui ont participé dans le documentaire Mazal Tefla » viennent de différentes régions du Maroc, de Larache à Casablanca, du Haouz ou encore de Ksar El Kebir. Leur point commun : elles ont toutes été mariées enfant.

« Quand tu as 14 ans, il y a beaucoup de choses que tu ne sais pas. A cet âge-là, on a besoin de quelqu’un pour ne guider », témoigne Amina dans ce film 

À seulement 18 ans, Amina vient de divorcer. Entre une mère adoptive abusive et un ex-mari violent, elle tente de se reconstruire. Quant à Chaimae, elle est fière d’avoir obtenu le divorce après avoir partagé 7 ans de vie commune avec un homme qui l’humiliait quotidiennement. Zohra, elle, n’a pas eu la chance de se libérer de son troisième mari, qui la battait régulièrement sous l’emprise de la drogue. Enfin, Khadija raconte un quotidien marqué par des responsabilités et une oppressante précarité. Son mari était lui aussi mineur au moment où ils se sont mariés.

« Ce documentaire a pour objectif de changer les lois et de mettre fin à ce phénomène dont souffrent beaucoup de filles au Maroc non seulement dans les petits villages mais aussi dans les grandes villes »,

Meryem Ait Aghnia, réalisatrice.

« Le film aborde la question du mariage des mineurs à travers le parcours de ces quatres filles dont le point commun est le fait qu’elles se sont mariées alors qu’elles étaient des enfants. Elles représentent beaucoup d’autres victimes auxquelles la voix n’a pas été donnée ». Nous explique réalisatrice du documentaire.

Et d’ajouter : « Ce documentaire a pour objectif de contribuer au changements des lois et de mettre fin à ce phénomène dont souffrent beaucoup de filles au Maroc non seulement dans les petits villages mais aussi dans les grandes villes ».

Camélia Echchihab nous a aussi expliqué que « c’était une grande aventure de découvrir les parcours de ces quatre femmes. Le mariage des mineurs fait des ravages dans la vie de ces femmes. On voulait leur donner la parole pour que le spectateur se sent proche d’elles se rend compte que c’est toujours très courant au Maroc et il faut vraiment que ça s’arrête».

« Vous avez le pouvoir de nous aider à abroger les articles 20 et 21 de la Moudawana, en portant ce dossier ; sans cesse remis à plus tard devant les député.e.s »

Camélia Echchihab

Dans le même sens, la journaliste a adressé une lettre à l’actuelle ministre de la Solidarité, de l’insertion sociale et de la famille, auxquelles elle l’invite à voir le documentaire et à l’urgence de changer les lois et assurer la protection des fillettes 

« Madame j’espère que les mots d’Amina résonneront en vous. Que votre gorge se serrera très fort quand vous verrez le visage déterminé de chaymae”morte à l’intérieur », peut-on lire dans la lettre publiée sur TelQuel.

« Vous avez le pouvoir de nous aider à abroger les articles 20 et  21 de la Moudawana, en portant ce dossier; sans cesse remis à plus tard devant les député.e.s», ajoute Camélia Echchihab.

Pour rappel, le documentaire a été tournée en 2022, « Mazal Tefla » a été coproduit par JAWJAB et l’association Droit et Justice, avec le soutien de l’association Les Citoyens, dans le cadre du projet « Mettre fin au mariage des enfants » en partenariat avec ONU Femmes.

Sa réalisatrice Meryem Ait Aghnia, connue par Babypleure, avait déjà réalisé un mini documentaire de 5 minutes sur Dounia, une jeune femme mariée mineure.

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