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Sommet FMI-BM : La résistance s’organise 

Trois coalitions marocaines et internationales sont en ordre de bataille pour apporter leurs réponses à la tenue des Assemblées annuelles (AM) de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) à Marrakech. Revue des principaux arguments de chacun de ces collectifs aux visions hétérogènes.

C’est en rangs dispersés que la gauche radicale marocaine et les mouvements sociaux dans le pays mèneront leur bataille face à la grand-messe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), prévue en octobre prochain. La première coalition s’appelle La Coordination nationale pour un Sommet social contre les Assemblées annuelles de la BM et du FMI (Coordination) a lancé ses travaux depuis six mois, autour de l’action de l’association ATTAC Maroc. La deuxième coalition est rassemblée au sein du Front social marocain (FSM), autour de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH). Les deux premières coalitions affichent une opposition claire à cette présence des symboles du néolibéralisme mondial en terre marocaine. La troisième coalition annonce une ligne plus modérée et se propose d’être « une initiative parallèle » aux AM de la BM et du FMI, en vue de « faire pression » sur ces deux institutions. 

La Coordination : « Mobilisation sociale contre l’austérité » 

La Coordination veut aussi faire « converger toutes les victimes des politiques criminelles de ces deux institutions ».  

La Coordination table sur une capacité de mobilisation nationale, régionale (MENA), continentale (l’Afrique) et mondiale. Ce collectif est né il y a deux mois. Ses initiateurs se présentent comme suit : « Le but de cette initiative est de créer un large espace de réflexion pour discuter ensemble des alternatives possibles aux politiques d’ajustement structurel et néolibérales du FMI et de la BM ». Cette Coordination compte sur l’expertise des réseaux comme ATTAC et le Comité pour l’annulation des dettes illégitimes (CADTM) en Afrique et à l’international. 

La Coordination veut aussi faire « converger toutes les victimes des politiques criminelles de ces deux institutions et de faire entendre haut et fort notre voix par la mobilisation et l’organisation d’un contre-sommet au sommet des responsables de ces politiques. Nous souhaitons mettre en place une mobilisation populaire et pacifique pour dire “non” à la pauvreté et à l’austérité et “oui” à la justice sociale ». Cette Coordination organise un point de presse le mardi 13 juin à Rabat. 

Le site du Contre-sommet : https://www.countersummitimfwbmarrakech.org/fr/home-2/

Le Front : « Les politiques du FMI et BM sont dévastatrices »  

« Ces réunions symbolise la bénédiction des institutions de Bretton Woods au Maroc ». 

La deuxième coalition créée au sein du FSM affiche aussi des positions opposées au FMI et à la BM. Dans un communiqué d’appel à la première réunion de cette coalition, le FSM rappelait que « ces réunions au Maroc symbolise la bénédiction des institutions de Bretton Woods pour les politiques économiques et sociales menées dans notre pays depuis la mise en œuvre du tristement célèbre Programme d’ajustement structurel en 1983, et leur célébration de la dévastation sociale laissée par ces politiques aux domaines de l’éducation, de la santé, de l’emploi, etc., et leur incitation au gouvernement afin de continuer à s’attaquer aux acquis des travailleurs et du peuple marocain en général ». Encore à ses débuts, cette coalition n’a pas annoncé publiquement son plan d’actions. 

Page Facebook du FSM : https://www.facebook.com/Front.Social.Marocain

L’Initiative : « Faire pression sur le FMI et la BM » 

La troisième coalition animée par le Forum marocain des alternatives (FMAS) et deux centrales syndicales l’UMT et la CDT adopte une position conciliante vis-à-vis du FMI et de la Banque mondiale, du moins c’est ce qu’on peut lire dans le communiqué d’annonce de l’initiative. 

Contrairement aux deux premières coalitions qui appellent ouvertement à la révision de fond en comble du mode de fonctionnement du FMI et de la BM, l’Initiative vise des objectifs plus modérés. Le communiqué de création rappelle qu’il « est essentiel que la société civile unisse ses efforts pour faire pression sur les institutions financières internationales pour qu’elles respectent les droits de l’homme et se conforment à toutes les décisions ». L’Initiative appelle « la Banque mondiale et le FMI ont l’obligation de promouvoir et de protéger les droits de l’homme dans les pays où ils opèrent ». Cette coalition n’a pas encore  annoncé de programme. Elle compte 102 associations et syndicats.  

Page Facebook de l’initiative : https://www.facebook.com/profile.php?id=100093298021835

ENASS reviendra dans de prochains articles pour donner la parole aux responsables de ces trois initiatives.  

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