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Après le séisme, la désillusion des sinistrés

Un mois et demi après le séisme au Maroc, l’Association des Droits de l’Homme Marrakech (AMDH) à Marrakech-Safi dresse un constat alarmant. Les retards dans la reconstruction ainsi que le manque de préparation en amont sont pointés du doigt.

Village d’Ighil, province d’Al Houaz.

Le constat de l’AMDH Marrakech-Safi sur le situation des sinistrés du séisme du 8 septembre est inquiétant ! C’est le résultat d’un travail de terrain approfondi dans les zones sinistrées du grand séisme de l’Atlas révèle une situation alarmante. À la lumière de ces observations sur le terrain et des plaintes exprimées par les citoyens, le bureau de la région de Marrakech/Safi de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme a enregistré un constat mettant en évidence plusieurs dysfonctionnements dans les opérations.

L’année scolaire en péril

Village de Tadart, province de Chichaoua

L’AMDH Marrakech explique que les politiques actuelles se révèlent “inefficaces”, prolongeant l’isolement des sinistrés et aggravant leur détresse. “La lenteur dans le traitement des conséquences du séisme est un sujet de préoccupation majeur”, estime l’AMDH.

«Les infrastructures, équipements et équipes spécialisées sont insuffisants, mettant en lumière un manque de préparation face à une catastrophe d’une telle ampleur».

AMDH Marrakech

L’absence d’une intervention rapide accroît de façon significative le risque d’une crise humanitaire majeure. La population sinistrée se trouve dans des conditions précaires, devenant ainsi plus vulnérable.

« Les infrastructures, équipements et équipes spécialisées sont insuffisants, mettant en lumière un manque de préparation face à une catastrophe d’une telle ampleur. Cette carence initiale a conduit à des pertes humaines et à une intensification des blessures», peut-on lire dans le communiqué.

De plus, la situation éducative est préoccupante. Les élèves des zones touchées rencontrent des difficultés pour accéder à l’école en raison du manque d’infrastructures adéquates et de moyens de transport efficaces.

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« L’objectif de reprendre complètement l’éducation pour tous les élèves des zones affectées n’a pas été atteint, en raison de la précipitation avant une préparation adéquate et appropriée des zones de réception, et en raison de l’inachèvement du processus de transfert des élèves du cycle préparatoire et secondaire vers Marrakech», explique l’AMDH Marrakech.

Les élèves des zones touchées rencontrent des difficultés pour accéder à l’éducation.

Et d’ajouter : «Les élèves ont été logés dans des internats non préparés, dépourvus des conditions les plus élémentaires nécessaires à la stabilité, sans parler des services alimentaires et d’hygiène faibles, entraînant des maladies cutanées et des problèmes digestifs parmi les élèves (modèle de Marrakech…). De plus, certains d’entre eux ont été contraints de chercher refuge chez leurs familles ou de louer des maisons pour se loger».

Santé et hygiène : risques majeurs

Ensuite, la même source pointe du doigt les conditions sanitaires dans la zone d’Al Haouz. La zone est marquée par une incapacité à résoudre les odeurs émanant des décombres, attribuables à la présence de corps d’animaux, principalement du bétail, enfouies sous les ruines. De plus, l’accumulation des débris persiste, “sans intervention notable, sauf en cas d’éboulements rocheux ou de blocages routiers”, observe l’AMDH.

«La remise en état des points d’eau, sources, puits et canaux, affectés par le tremblement de terre ou déjà en déclin avant celui-ci, se révèle un échec. Cette situation engendre une pénurie sévère d’eau, impactant gravement l’irrigation, ainsi que l’approvisionnement en eau potable», explique l’association.

Appel à la solidarité :«Reconstruisons ensemble»

Les habitants des zones sinistrées vivent un grand isolement depuis le départ des premiers secours. Ici le village de Tadart.

Ainsi L’AMDH Marrakech Safi met l’accent sur la situation dans les campements, dont les conditions sanitaires sont “alarmantes” et où le manque d’installations sanitaires et d’hygiène adéquate risque de causer des problèmes de santé parmi les habitants.

Face à cette situation critique, l’AMDH lance un appel à la solidarité nationale et internationale. Les dons et l’assistance sont nécessaires pour répondre aux besoins urgents des sinistrés.

«Ensemble, mobilisons-nous pour surmonter cette épreuve et permettre à la région de Marrakech/Safi de retrouver sa vitalité et sa prospérité».

AMDH Marrakech

Enfin, elle  exige que les autorités agissent de manière transparente et efficace dans les opérations de recensement et de reconstruction. Les pratiques clientélistes et les discriminations doivent être éradiquées pour garantir une réhabilitation juste et équitable.

Dans ce contexte, la reconstruction de la région sinistrée sera un défi majeur, mais elle est essentielle pour rétablir une vie digne. Cela requiert des efforts coordonnés, des ressources suffisantes et une volonté politique inébranlable. 

«Ensemble, mobilisons-nous pour surmonter cette épreuve et permettre à la région de Marrakech/Safi de retrouver sa vitalité et sa prospérité», conclut la même source.

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