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Travailleurs en Algérie : Un SOS pour la Croix-Rouge 

L’Association de soutien aux migrants en situation vulnérable (AMSV) a adressé une lettre au Comité international de la Croix-Rouge en Afrique du Nord pour évoquer le cas des marocains détenus en Algérie, qu’ils soient migrants ou travailleurs. 

Familles des migrants Marocains perdus en mer lors de la caravane de commémoration organisé à Oujda Maroc. Crédit photo: ENASS

L’Algérie a été un marché de l’emploi pour une partie de la jeunesse marocaine issue de la région de l’Oriental et du Rif. Depuis la montée des tensions entre le Maroc et l’Algérie, et la suspension des relations diplomatiques et des vols entre les deux pays, ces travailleurs qui bénéficient d’une certaine flexibilité en termes d’accès au marché de l’emploi se trouvent les premières victimes de cette crise.

Les autorités algériennes n’hésitent plus à arrêter et poursuivre les travailleurs marocains artisans. 

Les autorités algériennes n’hésitent plus à arrêter et poursuivre les travailleurs marocains artisans (maçons, menuisier, etc.) pour « séjour illégal ». L’AMSV tire la sonnette d’alarme face à cette situation. 

Des conditions de détention difficiles 

L’AMSV tient à informer la Croix-Rouge de plusieurs points relatifs à la situation des travailleurs marocains. 

« Les détenus marocains sur le sol algérien, qu’ils travaillent ou exercent plusieurs métiers comme la teinture, la menuiserie ou la décoration, les artisans, de l’argile et la construction sont arrêtés aujourd’hui par les autorités algériennes », écrit cette association au premier responsable de la Croix Rouge en Afrique du Nord. L’AMSV, qui milite pour la liberté de circulation rappelle, que « ces jeunes sont tombés dans les griffes de mafias et ils se sont retrouvés dans les prisons algériennes et ont été arrêtés dans des centres de détention, et certains d’entre eux ont été traduits en justice pour des accusations lourdes, comme la traite des êtres humains, le blanchiment d’argent, l’immigration clandestine, la formation de gangs », alerte l’AMSV dans cette lettre adressée au début du mois de janvier 2024. Il est utile de rappeler quelques rares cas sont poursuivis pour trafic de drogue. 

L’AMSV tient à informer la Croix-Rouge de plusieurs points relatifs à la situation des travailleurs marocains et des migrants en Algérie. « Les conditions de détention sont inappropriées. Ces personnes sont exposées à l’humiliation et privation de communication avec leurs familles. Nous regrettons qu’ils soient traduits en justice dans des circonstances difficiles sans leur droit à la défense, y compris le droit à l’assistance d’un avocat », poursuit l’AMSV. 

Ces détenus seraient privés de visites et « d’aide humanitaire, du matériel d’hygiène et des sous-vêtements, d’autant plus que certains sont détention pour de longues durées sans procès, ce qui contredit les Règles standard des Nations Unies pour le traitement des prisonniers », ajoute l’association. 

Cette organisation basée à Oujda regrette aussi des cas de « privation du droit aux soins médicaux, y compris pour les personnes souffrant de maladies neurologiques ou chroniques ».

Face à cette situation critique, l’AMSV espère une intervention de la Croix-Rouge pour rapatrier ces personnes en détention. « D’autant plus que les mères et les familles vivent dans des conditions difficiles dans l’attente de nouvelles de leurs enfants détenus chez notre voisin fraternel, l’Algérie », conclut ce communiqué. A noter que le nombre exact des détenus demeure inconnus. L’AMSV estime le nombre de ces détenus à quelques centaines. 

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