Comment les Marocains perçoivent les migrants ?

Perception Migration maroc Enass

La réponse à cette question peut être formulée en deux mots : stéréotypes et méconnaissance. Un nouveau sondage réalisé auprès de 2700 personnes au Maroc indique un gap entre la perception et les réalités des personnes étrangères au Maroc. Les détails.

Les résultats de l’étude « Perception de la migration dans les villes d’Oujda, Fnideq et Al Hoceima », réalisée auprès de 2700 jeunes de trois villes âgées de 18 à 26 ans en ligne ont couvert trois sujets concernant les personnes étrangères au Maroc : leur niveau d’instruction, leur sociabilité et les liens possibles avec ces personnes (amitié et mariage). Les principaux résultats indiquent un gap entre la perception et la réalité vécue de ces personnes. « Les perceptions recueillies dans le cadre cette étude oscillent entre une méconnaissance et une persistance de stéréotypes sur la population migrante », observent les auteurs de cette étude. Ce sondage a été réalisé par La Fédération des Collectivités Locales du Nord du Maroc et de l’Andalousie (ANMAR) et le Fonds Andalous des Municipalités pour la Solidarité Internationale (FAMSI).

Perceptions des personnes étrangères

Au sujet du niveau d’instruction des migrants, l’écrasante majorité des jeunes interrogés pensent que « les migrants n’ont pas un niveau d’instruction suffisant » avec respectivement 96,5% à Al Hoceima, plus de 83,8% à Oujda et près de 71, 6% à Fnideq.

Au niveau de la Sociabilité des migrant, l’immense majorité des jeunes interrogés considèrent que « les migrants ne sont pas sociables ». Ils sont plus de 98,4% à le penser à Al Hoceima, suivi d’Oujda avec 88,8% et enfin Fnideq avec 73,1%. Comment les personnes interrogées expliquent cette insociabilité supposée ?  Les réponses avancées par l’ensemble des personnes interrogées font état en premier de la barrière de la langue (91,9%), suivi de la religion (13,2%) et de la pauvreté (8,9%).

Un Marocain ou une Marocaine accepterait-il de se marier avec un-e migrant-e ? L’écrasante majorité des jeunes interrogés n’envisage pas de se marier avec une personne migrante. Ce taux est de 94,9 % à Al Hoceima, 66,8% à Oujda et 29, 4% à Fnideq. Les raisons avancées sont « les difficultés relatives aux mariages mixtes notamment la différence de religion et de culture, les craintes des familles et la condition sociale et financière de la personne migrante ». 

Les relations amicales existent, plus particulièrement à Al Hoceima avec 97,1% de taux de réponses positives, tandis que les jeunes des deux autres villes affirment ne pas avoir d’amis migrants, avec respectivement 79,3% à Oujda et 58, 1% à Fnideq. Enfin, les jeunes acceptent d’avoir une personne migrante pour voisin. Les interrogés répondent en majorité par l’affirmative. Ce taux de réponses positives est de 99,5% à Al Hoceima, 97% à Oujda et près de 73,1% à Fnideq.

Conclusions et recommandations

Ces perceptions ambivalentes peuvent s’expliquer par deux facteurs, selon les auteurs de l’étude.

Le premier facteur est le profil migratoire de chacune des villes. Le deuxième facteur explicatif est à trouver dans la qualité de l’information en circulation autour des migrations dans ces espaces.

A la suite de ces constats, l’étude a formulé quatre recommandations à savoir : La mise en place de campagne de communication et de sensibilisation à l’attention des jeunes portant sur des représentations justes et réalistes de la migration ; La mise en place de communication à l’attention des élus et fonctionnaires sur l’interculturalité, les bienfaits et les opportunités de la migration ; Le renforcement de l’inclusion de la migration au niveau local ; et le renforcement des capacités et compétences professionnelles des acteurs associatifs pour une meilleure prise en charge et accompagnement des migrants.

Pour rappel, cette étude, fait partie de la campagne « Migrations sans clichés », visant trois objectifs :  Donner une idée juste et réaliste de la perception de la migration et des migrants ; Lutter contre les préjugés et stéréotypes à l’égard des migrants, proposer des solutions pour la construction d’une narrative positive sur la migration ; et renforcer les capacités des trois communes dans la prise en charge de la question migratoire.

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