Mortes en accouchant, humiliées en manifestant : les femmes et la GenZ212
Humiliations lors des arrestations, violences en garde à vue, diffamation en ligne : Oumaima Jmad, militante féministe de l’Association marocaine des droits des femmes (AMDF), dresse le bilan des violences subies par les femmes dans le mouvement GenZ212.
Intervenante lors de la journée organisée par le mouvement “FreeKoulchi” à l’occasion d’un an du lancement de la GENZ212 le 26 septembre 2026 à Casablanca, Oumaima Jmad, militante féministe et chercheure en sociologie est revenue sur les violences subies par les femmes manifestantes lors de ce mouvement.
“ Une grande violence”
Pour Oumaima Jmad, les femmes mobilisées ont été visées par plusieurs formes de violence. La première est policière : « tirées par les cheveux lors de leurs interpellations », insultées pendant les interpellations, commentées sur leur tenue. « De l’humiliation », résume-t-elle.
Elle se prolonge en garde à vue. « Difficultés à utiliser les toilettes, à dormir, à manger ».
Elle se prolonge en garde à vue. « Difficultés à utiliser les toilettes, à dormir, à manger » : les conditions de détention ajoutent une couche de violence. La militante rappelle que des structures existent et restent à la disposition des victimes, « même un an après les faits ».
Les conditions de détention ajoutent une couche de violence.
Le harcèlement numérique
La militante rappelle que des structures existent et restent à la disposition des victimes, « même un an après les faits ».
Sur les réseaux sociaux, les attaques viennent « de toutes parts ». Diffamation, mise sous silence : il s’agit de faire taire ces femmes. « Nous ne sommes pas en train de les victimiser, elles sont victimes de ces violences », insiste Oumaima Jmad.
Elle y voit l’effet d’une logique de domination masculine : pour une autorité « par essence masculine », la politique est l’affaire des adultes, pas des jeunes ni des femmes. Pourtant, rappelle-t-elle, la revendication centrale du mouvement touche aux droits des femmes, à savoir la santé maternelle et infantile. Des femmes meurent en accouchant comme ce fut le cas à Agadir où cinq femmes ont trouvé la mort lors de leur accouchement. « C’est un indicateur de notre développement. Même une seule femme qui décède est une catastrophe. »
Le mépris, jusque dans la mort
Ces femmes n’ont pas été respectées après leur mort : ni minute de silence, ni considération. « C’est une forte violence, institutionnelle », estime-t-elle. Le traumatisme touche aussi les mères et les grands-mères qui cherchaient des nouvelles de leurs enfants ou petits-enfants : « Zéro respect des femmes. ».
Né à l’automne 2025, GenZ212 est un mouvement de jeunes Marocains organisé en ligne. Il dénonce l’état des services publics, en particulier la santé, et réclame des réformes. Ses rassemblements, largement portés par la jeunesse, ont donné lieu à de nombreuses arrestations. Les femmes et jeunes femmes y ont pris toute leur part.