Usagers de drogues : «Soutenez,Ne punissez pas »

368A6AE4 7285 4904 AA91 1B65E33E8784

Le mouvement marocain actif dans le cadre de la Journée d’action mondiale « Soutenez. Ne Punissez Pas 2023 » a organisé une série d’actions les 23-24 juin 2023 à Nador. Reportage. 

La ville de Nador est touchée de plein fouet par l’usage des drogues dures. « En raison de sa position frontalière à Melilla et à cause de la crise économique actuelle à la suite de la fermeture des passages vers le ville occupée, l’utilisation des drogues est en progression », observe Anouar Tanouti, coordinateur de l’Association RdR à Nador.  

Son association, ainsi que   l’Association de lutte contre le Sida au Maroc (ALCS) et l’Association Hasnouna sur les usages des drogues (AHSUD) ont organisé des actions commémorant la Journée internationale de lutte contre l’abus et le trafic des drogues. Des actions organisées en marge du Forum social maghrébin des migrations (FSMM) qui s’est tenu à Nador, les 22, 23 et 24 juin 2023. 

Une approche droits humains

« Cette journée mondiale d’action est célébrée chaque année en tant qu’acteurs dans les domaines de la lutte contre le Sida et l’hépatite “C”, le domaine des addictions, la réduction des risques de toxicomanie et les organisations de défense des droits de l’Homme », expliquent les trois organisations nationales.

Notre démarche a permis de réduire le taux de VIH/SIDA parmi les usagers à Nador de 29% en 2011 à 10% en 2022.

Lors de la 2ème journée du FSMM, les activistes dans ce domaine ont organisé une action symbolique au sein du campus de l’Université polydisciplinaire de Selouane, près de Nador. Banderoles et slogans ont été levés pour rappeler à la société civile et à l’opinion publique les enjeux sur les usages de drogues et leur utilisation. Un sujet quasiment tabou au Maroc. « Une approche de réduction des risques des usages de drogues est le meilleur antidote contre les drogues. Notre démarche a permis de réduire le taux de VIH/SIDA parmi les usagers à Nador de 29% en 2011 à 10% en 2022. C’est inédit au niveau de la région MENA et dans le monde », argumente Anouar Tanouti, coordinateur de l’Association RdR à Nador.  

Cette nouvelle approche de l’usage de drogues fondée sur la santé et les droits de l’Homme est défendue par ce collectif associatif. 

Cette nouvelle approche de l’usage de drogues fondée sur la santé et les droits de l’homme est défendue par ce collectif associatif depuis une décennie au Maroc. Ces ONG défendent aussi le principe de « sanctions alternatives et graduées concernant la réalisation du droit à la santé des personnes qui consomment des drogues », peut-on lire dans le communiqué de presse. 

« Notre commémoration de cette journée dans la ville de Nador s’inscrivait dans les activités du forum, pour assurer un plus grand rayonnement, à travers la participation des militants du Forum social des pays du Maghreb ; Algérie, Tunisie, Mauritanie, Libye et Maroc, tous portant les drapeaux de leurs pays ainsi que le drapeau et l’emblème amazighs

Cette action de plaidoyer pour les droits de cette population marginalisée vise aussi à lutter contre la stigmatisation et la discrimination qui les affectent.

Cette mobilisation a connu également l’organisation d’une table ronde pour les acteurs de la lutte contre le Sida, les addictions, la réduction des risques de toxicomanie et les associations de défense des droits de l’homme.

À Lire aussi
  • Les refoulés de Sebta : Scènes de naufragés de la frontière européenne

    Après les refoulements opérés par les autorités espagnoles, des centaines de jeunes Marocains et de migrants subsahariens ont été transférés vers Tanger avant d'être renvoyés vers leurs villes d'origine. Reportage à la gare TGV de Tanger, où s'achève le rêve européen. Nous sommes le lundi 3 août. Il est 16 heures à la gare TGV…

    Reportages

  • « Se sentir Bnadem » : une lecture citoyenne des départs vers Bab Sebta

    Face aux images des départs vers Bab Sebta, la sociologue Leila Bouasria refuse la lecture rapide. La chercheuse avec un regard citoyen propose une lecture à la hauteur de cette lourde réalité, faite plus de questionnements que de certitudes. Tribune.  Leila Bouasria : Sociologue, Université Hassan II, Casablanca et chercheure associée au LADSIS Nous avons tous…

    Parti pris

  • À Sebta : 67 morts, un silence d’État

    Une nouvelle vague de hrig sans précédent a submergé Sebta cette semaine, laissant derrière elle un bilan macabre. Face à l'ampleur du drame, l'État marocain a fait un choix : celui du silence. Et voici la « saison 3 », avec son lot de drames, de mises en scène, de complots supposés, de répression, de…

    Edito

  • Inscrivez-vous à la Newsletter des Sans Voix 


    Contre l’info-obésité, la Newsletter des Sans Voix