Education : Carton rouge pour Benmoussa 

WhatsApp Image 2023 10 26 at 12.35.00 fotor

La mobilisation des fonctionnaires de l’Education nationale ne faiblit pas. Les enseignants ont entamé une grève de trois jours. Reportage. 

Sit-in des enseignants du secteur public à Casablanca

Boulevard Emile Zola à Casablanca, nous sommes devant le siège de la direction provinciale de l’Education nationale d’Ain Sbâa. Les enseignants de différentes générations et différents statuts (titulaires, contractuels, Cellule 10, etc.) scandent d’une même voix : « Benmoussa Dégage » et ils ajoutent : « L’enseignant veut faire tomber le Statut unifié ». 

Plusieurs centaines de fonctionnaires du ministère se sont donné rendez-vous pour un sit-in pour « exprimer le refus du Statut unifié des fonctionnaires de l’éducation nationale ». Une mobilisation intense qui dure depuis un mois. 

Le 7 novembre un nouveau test 

« Seule la Fédération nationale de l’éducation, courant démocratique, a refusé de négocier avec le ministre ». 

Exit les centrales syndicales de l’UMT, CDT, UGTM et UNTM. Désormais ce sont les fameuses coordinations (Tansikiat) qui mènent la danse dans le secteur. Une fronde qui réduit la capacité de mobilisation des syndicats « historiques » qui ont signé un accord social avec le ministère de l’Education nationale en janvier 2023. Seule la Fédération nationale de l’éducation (FNE), courant démocratique, a refusé de négocier avec le ministre de l’Education nationale. La FNE a été d’ailleurs exclue des négociations. Désormais, c’est une coalition de 17 coordinations avec la FNE et la puissante Coordination des enseignants contractuels qui mènent ce mouvement social.  

Sit-in des enseignants du secteur public à Casablanca

« Cette fronde est pour exprimer notre colère et notre désapprobation du nouveau statut ». 

Pour Hassan Boughlala, secrétaire général de la FNE à Casablanca-Settat et un des porte-paroles de la coordination au niveau régional: « Cette fronde est pour exprimer notre colère et notre désapprobation du nouveau statut. Le gouvernement ne peut pas nous imposer un texte qui est contraire à nos intérêts et qui ne propose rien de concret en termes d’avancement de carrière ou de salaire. Ce texte poursuit le travail de sape de l’école publique en précarisant davantage le statut des enseignants », explique-t-il. 

Le mouvement de grève a démarré le mardi 24 octobre et se poursuit pendant trois jours. La coordination nationale a déclaré cette grève générale de trois jours très suivie, selon les données récoltées par nos confrères de Lakome2 qui annonce des chiffres de 90% de respect de la consigne de la grève, accompagnée de sit-in dans les écoles et de manifestations devant les directions régionales de l’éducation, qui devrait commencer mardi 24 octobre.

La Coordination nationale parie sur une nouvelle mobilisation prévue le 7 novembre avec une grève nationale et une marche nationale à Rabat. L’occasion d’un nouveau bras de fer entre Benmoussa et les enseignants…

À Lire aussi
  • Les mille et une vies des Russes au Maroc

    Pauline de Mazières retrace l’épopée oubliée de la première génération de Russes installés au Maroc dans les années 1920-1930. Passionnant.

    Histoires de Russes au Maroc
  • Immigration : les partis politiques face à sept demandes de réforme

    À l’approche des législatives du 23 septembre, une note de plaidoyer de l’Association Pionniers du changement pour le développement et la culture invite les partis politiques à sortir l’immigration et l’asile de la seule logique sécuritaire. Synthèse des principales revendications de cette ONG.  Vingt ans après, la loi 02.03 toujours en question Vingt-trois ans après…

    Migration sebta 1024x683

    Actualités

  • Les vies derrière les papiers

    L'historien français Philippe Artières présente une sélection de lettres de demande d’aide envoyées au Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti). Une lecture indispensable en ces temps de stigmatisation.

    Les papiers des sans papiers Philippe Artières
  • Inscrivez-vous à la Newsletter des Sans Voix 


    Contre l’info-obésité, la Newsletter des Sans Voix