Gen Z : un comité de soutien alerte sur les conditions de détention des mineurs à Tamesna

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Isolement cellulaire, conditions « inhumaines », détentions prolongées. Un comité de soutien aux victimes de la répression du mouvement « Gen Z » dénonce le sort réservé aux mineurs incarcérés à Salé et Témara. Il exige une libération immédiate et l’ouverture d’une enquête indépendante. Les détails.

« Selon le comité, plusieurs mineurs détenus auraient été placés à l’isolement cellulaire pendant trois mois »

Le comité national de soutien aux victimes de la répression du mouvement « Gen Z » a diffusé, mardi, un communiqué faisant état de la situation des mineurs détenus à la prison de Tamesna, qu’il dit suivre « avec une profonde indignation ». Plusieurs d’entre eux auraient été placés à l’isolement cellulaire durant trois mois, à la suite d’un différend lié au bris d’un écran de télévision. L’organisation dénonce par ailleurs des visites familiales strictement encadrées, réduites à un contact visuel à travers une vitre _ une pratique qui, selon elle, « prive ces enfants de tout contact humain réel avec leurs proches ».

L’organisation dénonce des visites familiales réduites à un simple contact visuel à travers une vitre, privant ces enfants de tout contact humain réel avec leurs proches. »


 « Des atteintes graves aux droits de l’enfance » 

Sous la présidence de Hakim Sikouk, le comité a employé ces mots pour désigner le placement à l’isolement cellulaire de mineurs sur une période de trois mois. Le communiqué ne laisse place à aucune ambiguïté : indépendamment de la gravité des faits reprochés, l’organisation estime qu’une telle mesure représente « une procédure disciplinaire arbitraire et excessive, inacceptable, qui contredit les dispositions des conventions internationales de protection de l’enfance, et qu’aucune justification pédagogique ne saurait légitimer ».

« Près d’une année sans qu’un jugement définitif n’ait été rendu »

Le comité considère par ailleurs que le maintien en détention de ces mineurs, « près d’une année sans qu’un jugement définitif n’ait été rendu », constitue une atteinte particulièrement grave à leurs droits. Il dénonce une « violation flagrante de la présomption d’innocence » ainsi qu’un détournement des règles du procès équitable, la détention préventive se transformant dans les faits, selon l’organisation, « en une peine anticipée ». Le comité déplore, en outre, la lenteur de la procédure et la multiplication des reports d’audiences.

Il insiste enfin sur l’état psychologique de ces jeunes détenus, affirmant que « la prolongation de leur détention aggrave leurs souffrances psychologiques et sociales, et pèse lourdement sur leurs familles », dont la situation matérielle et morale se dégraderait « au fil des mois ».

Trois exigences :

Le comité réclame en premier lieu la libération immédiate de tous les enfants mineurs encore incarcérés à la suite des arrestations arbitraires survenues à Salé et Témara lors des manifestations de septembre et octobre 2025, ainsi que ceux détenus dans le cadre des mobilisations liées aux protestations de la jeunesse « Gen Z » et jugés depuis. Le Comité demande également qu’un « suivi soit assuré pour ces mineurs, afin de compenser une année scolaire 2025-2026 déjà largement compromise, ainsi qu’un accompagnement médical et psychologique adapté à leur état ».

Le texte dénonce ensuite fermement la politique de sanction sévère et le recours à l’isolement cellulaire appliqués aux mineurs à la prison de Tamesna, et réclame l’arrêt immédiat de ces pratiques, condamnant en particulier la destruction d’un écran de télévision utilisée comme prétexte pour justifier l’isolement de mineurs pendant trois mois et leur privation d’accès à la cour.

« Le comité affirme rejeter tout traitement cruel, dégradant ou humiliant portant atteinte à la dignité des mineurs détenus, ainsi que toute restriction humanitaire imposée au sein de la prison. »

Il affirme, par ailleurs, rejeter « tout traitement cruel, dégradant ou humiliant portant atteinte à la dignité des mineurs détenus, y compris les restrictions humanitaires imposées à l’intérieur de la prison ». »

Le comité exige, enfin, qu’une enquête indépendante soit diligentée pour  « faire toute la lumière sur ces dérives graves, établir les responsabilités et sanctionner les personnes dont l’implication dans ces atteintes aux droits des mineurs serait avérée. »

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