Législatives : Kif Mama Kif Baba interpelle les partis

À l’approche de la prochaine législature, l’association Kif Mama Kif Baba lance un appel aux formations politiques autour du respect de la Constitution dans le cadre de la réforme du Code de la famille.

Dans une communication publiée sur ses réseaux sociaux, l’association affirme avoir adressé, le 19 août 2026, des courriers à huit partis politiques afin de connaître leur position sur les futures réformes touchant à la famille et aux droits des femmes. Le message est présenté comme une interpellation directe des partis, à l’approche des prochaines échéances législatives.

Huit partis, trois questions, un même mot d’ordre : respecter la Constitution.

L’association exige des « réponses claires sur trois enjeux majeurs ». Le premier concerne la filiation : quelle protection juridique pour les enfants nés hors mariage ? Le deuxième enjeu porte sur l’héritage : les partis s’engageront-ils en faveur de l’égalité successorale ? Le troisième touche au mariage des mineurs : soutiendront-ils une interdiction effective, sans dérogation ?

Les partis sollicités sont notamment le Parti de l’Istiqlal, le Parti Authenticité et Modernité (PAM), le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Parti de la justice et du développement (PJD), le Parti du progrès et du socialisme (PPS), l’Union socialiste des forces populaires (USFP), la Fédération de la gauche démocratique et le Mouvement populaire.

Filiation, héritage, mariage des mineurs : les partis sommés de se positionner.

L’engagement demandé par Kif Mama Kif Baba est formulé en des termes simples : « ne proposer, soutenir ou voter aucune disposition contraire à la Constitution ». Réponse favorable, silence ou refus : l’association annonce que toutes les réponses seront rendues publiques.

Kif Mama Kif Baba entend ainsi obtenir une position claire de chacun des huit partis, notamment sur les trois questions soulevées : filiation, héritage et mariage des mineurs.

À travers cette démarche, l’association cherche à transformer les déclarations de principe en engagements politiques explicites — une manière de demander aux formations politiques de se positionner avant l’adoption des textes. « L’objectif est de placer les droits des femmes et l’égalité au cœur des engagements électoraux », conclut Kif Mama Kif Baba.

À un an des législatives, une association féministe veut des engagements écrits.

Pour rappel, Kif Mama Kif Baba est une association féministe marocaine qui milite pour « une société plus juste et égalitaire », en particulier autour des droits des enfants nés hors mariage et de la réforme du Code de la famille. L’association agit par des campagnes de sensibilisation, des plaidoyers et des prises de position publiques sur des affaires emblématiques touchant aux droits des femmes. Elle a notamment porté la campagne « Nachrat Al Moudawana » en faveur d’une réforme du Code de la famille conforme à la Constitution de 2011. Elle revendique une approche intergénérationnelle, réunissant femmes et hommes autour d’un féminisme accessible et collectif.

À Lire aussi
  • ATTAC : Bilan de résistances sociales au féminin

    Ce Samedi 28 mars, au siège de la FNE à Rabat, ATTAC Maroc a organisé une journée féministe rassemblant femmes en lutte, militantes, syndicalistes et défenseuses des droits humains. Un espace de débat pour réfléchir à un féminisme résistant au néolibéralisme, à la répression et aux guerres.

    WhatsApp Image 2026 03 30 at 19.51.37

    Actualités

  • ATTAC Maroc : Dialogues féministes en temps de crise

    L’association ATTAC Maroc annonce l’organisation d’une journée féministe à Rabat le 28 mars, sous le slogan : « Le féminisme au cœur du combat contre le néolibéralisme, l’autoritarisme et la militarisation ». Un rendez-vous pensé comme un espace de réflexion collective, de débat politique et de construction d’alternatives, dans un contexte national et international marqué…

    WhatsApp Image 2026 03 24 at 22.06.32

    Actualités

  • Le Courage des femmes face à la répression  

    Saida El Alami, Ibtissam Lachgar, Zineb Kharroubi et Nezha Majdi. Quatre noms, quatre trajectoires différentes, mais un même point de convergence : celui d’un engagement public qui dérange, d’une parole qui refuse de rester à la marge et d’une présence féminine dans l’espace public qui continue de susciter levée de bouclier, et tentatives de délégitimation.

    Screenshot 2026 03 13 at 18.02.02

    Edito

  • Inscrivez-vous à la Newsletter des Sans Voix 


    Contre l’info-obésité, la Newsletter des Sans Voix