Le Courage des femmes face à la répression  

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Saida El Alami, Ibtissam Lachgar, Zineb Kharroubi et Nezha Majdi. Quatre noms, quatre trajectoires différentes, mais un même point de convergence : celui d’un engagement public qui dérange, d’une parole qui refuse de rester à la marge et d’une présence féminine dans l’espace public qui continue de susciter levée de bouclier, et tentatives de délégitimation.

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Leurs histoires ne relèvent pas seulement de dossiers judiciaires ou de controverses médiatiques. Elles racontent quelque chose de plus profond : la manière dont le système politique, accueille — ou plutôt tolère — la parole critique lorsqu’elle est portée par des femmes.

Liberté d’expression, justice sociale, corruption, violences institutionnelles, inégalités territoriales ou discriminations liées au genre : autant de sujets qui déplacent le débat politique vers des terrains que le pouvoir préfère souvent garder sous contrôle.

Car depuis plusieurs années, les défenseuses des droits humains occupent une place de plus en plus visible dans le débat public marocain. Militantes associatives, activistes numériques, étudiantes engagées, journalistes ou simples citoyennes mobilisées : elles interviennent dans des discussions qui touchent au cœur des rapports entre l’État et la société. Liberté d’expression, justice sociale, corruption, violences institutionnelles, inégalités territoriales ou discriminations liées au genre : autant de sujets qui déplacent le débat politique vers des terrains que le pouvoir préfère souvent garder sous contrôle.

Ces formes de pression ne passent pas uniquement par les institutions. Durant ces dernières années, dans plusieurs cas, les procédures judiciaires s’accompagnent d’une autre mécanique : celle des campagnes de diffamation, des insinuations morales, des attaques contre la vie privée ou le corps des militantes.

Car derrière les trajectoires d’Ibtissam, Saida, Zineb ou Nezha se dessine un système : contester au féminin reste un pari risqué.

Car derrière les trajectoires d’Ibtissam, Saida, Zineb ou Nezha se dessine tout un système : contester au féminin reste un pari risqué.  C’est précisément là que le 8 mars prend une autre signification. 

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Cette année, le 8 mars ne se limite pas aux militantes emprisonnées ou poursuivies pour leurs opinions : il reflète toutes ces injustices et toutes ces luttes, rappelant que la situation des femmes est le miroir de la démocratie du pays. 

Cette année, le 8 mars est aussi marquée par les guerres coloniales en Palestine et en Iran notamment. Le génocide à Gaza a fait 12 500 morts parmi les femmes. Un féminicide à échelle mondial. L’agression américano-sioniste a causé la mort d’une centaine de filles d’une école en Iran. 

Ce fil traverse le courage des ouvrières de Sicomek à Meknès, mobilisées depuis plus de deux ans pour leurs droits

C’est pour porter ces voix que ENASS s’attache à documenter ces parcours. Cette année, nous tissons un fil rouge qui relie toutes les luttes des femmes au Maroc. Ce fil traverse le courage des ouvrières de Sicomek à Meknès, mobilisées depuis plus de deux ans pour leurs droits ; il rejoint la résistance des femmes de Figuig contre la privatisation de l’eau, et s’alourdit du deuil des familles qui pleurent leurs filles victimes de féminicides. 

Ce fil rejoint la résistance des femmes de Figuig contre la privatisation de l’eau, et s’alourdit du deuil des familles qui pleurent leurs filles victimes de féminicides.

Il se lit aussi dans la douleur des mères de migrant.e.s disparu.e.s sur les routes migratoires, dans les larmes des mères de Lqliâa qui réclament justice et vérité, et dans le chagrin des familles d’Omar et de Yassine Chebli, morts en détention.

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Il se lit aussi dans la douleur des mères de migrant.e.s disparu.e.s sur les routes migratoires, dans les larmes des mères de Lqliâa qui réclament justice et vérité, et dans le chagrin des familles d’Omar et de Yassine Chebli, morts en détention.

Alors aujourd’hui, il est temps d’appeler à la fin de cet engrenage de la répression. Ce 8 mars questionne le statut de “pays sûr” accordé au Maroc. Entre l’emprisonnement de Saida et d’Ibtissam, le procès de Zineb ou encore l’exil forcé d’activistes, la réalité contredit cette étiquette : un pays “sûr”… pour qui, exactement ?

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