Droits des femmes : une condition essentielle pour mettre fin au VIH
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes ce 8 mars 2026, l’Association de Lutte Contre le Sida (ALCS) rappelle que l’égalité des genres n’est pas seulement un idéal moral, mais un levier stratégique pour éradiquer l’épidémie de VIH au Maroc. L’ALCS annonce à cette occasion un nouveau projet.
« Mettre fin au VIH passe nécessairement par le renforcement des droits des femmes ».
Pr Karkouri
« Mettre fin au VIH passe nécessairement par le renforcement des droits des femmes. Lorsque les femmes peuvent accéder librement à la prévention, aux soins et à l’information, c’est l’ensemble de la société qui progresse vers plus de santé et plus de justice », souligne Pr Mehdi Karkouri, Président de l’ALCS.
« Lorsque les femmes peuvent accéder librement à la prévention, aux soins et à l’information, c’est l’ensemble de la société qui progresse vers plus de santé et plus de justice ».
Pr Karkouri
Le Projet Chams : briser le cycle des violences
Au cœur de cette mobilisation, l’ALCS déploie le projet Chams, une initiative pionnière dédiée à la prévention et à la prise en charge des violences basées sur le genre (VBG). Ce programme cible les femmes vulnérables, qu’elles vivent ou non avec le VIH, dans trois zones clés : les régions de Souss-Massa, Marrakech-Safi et Tanger-Tétouan-Al Hoceima.
L’approche est novatrice : elle traite simultanément les violences et le VIH, deux fléaux qui s’alimentent mutuellement. En renforçant le pouvoir d’agir et la capacité de protection des bénéficiaires, le projet Chams vise à briser le cercle de vulnérabilité où les inégalités structurelles exposent davantage les femmes au risque d’infection.
« Le projet Chams renforce simultanément le savoir, le pouvoir d’agir et la capacité de protection des femmes face aux violences. »
Les femmes, piliers de la riposte communautaire
La lutte contre le sida au Maroc repose sur un socle solide : l’engagement des femmes. Travailleuses communautaires, médiatrices thérapeutiques et militantes forment aujourd’hui la colonne vertébrale de la réponse nationale. Leur expertise de terrain permet d’atteindre les populations les plus marginalisées et de garantir un accès équitable aux services de santé.
Comme le rappelle le Dr Lahoucine Ouarsas, Directeur des Programmes de l’ALCS : « Les données internationales démontrent qu’un accès effectif des femmes à l’éducation et aux services de santé réduit significativement les nouvelles infections. »
Innovation et autonomie : l’arrivée de la PrEP injectable
L’année 2026 marque un tournant historique avec l’introduction prochaine au Maroc de la PrEP injectable à longue durée d’action. Fruit d’un plaidoyer acharné de l’ALCS, cette innovation biomédicale change la donne. Administrée par injection sous-cutanée tous les six mois, elle offre une protection discrète et efficace, libérant les femmes des contraintes de la prise quotidienne d’un comprimé.
Cette autonomie est cruciale pour celles qui font face à des contextes relationnels difficiles ou à des violences domestiques, où la négociation du préservatif ou la visibilité d’un traitement oral peut s’avérer complexe. « La PrEP injectable offrira une protection efficace et discrète, mieux adaptée aux réalités sociales de nombreuses femmes. », rappelle l’ALCS.
Un appel à une mobilisation politique durable
Malgré les avancées, le chemin reste long. Pr Sanaa Belabbes, Trésorière et référente du Plaidoyer, interpelle les pouvoirs publics : la fin du VIH ne sera possible qu’avec des politiques sensibles au genre et une lutte acharnée contre toutes les formes de discrimination.
L’ALCS, première association de lutte contre le VIH dans la région MENA depuis 1988, continue de porter ce message : tant que les droits des femmes ne seront pas pleinement réalisés, la promesse d’un monde sans sida restera inachevée.