Morts à Sebta : qui paiera le retour des corps ?

Face aux difficultés rencontrées par les familles des victimes des événements tragiques de Sebta, le Réseau syndical pour les migrants au Maroc (RSMM) lance un appel urgent aux gouvernements marocain et espagnol. Les détails 

Le Réseau syndical pour les migrants au Maroc (RSMM) réclame notamment la prise en charge des frais de transport des dépouilles et des procédures accélérées pour permettre aux familles d’enterrer leurs proches dignement.

Des familles confrontées au coût du rapatriement

Le drame de Sebta se poursuit, au-delà des disparitions et des décès, pour les familles qui tentent aujourd’hui de récupérer les dépouilles de leurs proches. Dans un appel urgent, la commission d’enquête du Réseau syndical pour les migrants au Maroc alerte sur les difficultés financières et administratives auxquelles sont confrontées plusieurs familles ayant perdu des enfants lors des tentatives de passage collectif vers Sebta, à la fin du mois de juillet 2026.

Selon les informations et témoignages recueillis par le réseau, certaines familles souhaitent rapatrier les dépouilles de leurs enfants vers leurs villes ou régions d’origine afin de pouvoir les inhumer. Mais le coût des procédures et du transport constitue un obstacle majeur.

Le réseau affirme que les frais de traitement et de transport d’un corps peuvent atteindre environ 1 500 euros, voire davantage dans certains cas, sans compter les dépenses liées au transport à l’intérieur du Maroc et aux frais d’inhumation.

Pour des familles déjà confrontées au choc de la disparition et du décès d’un proche, cette charge financière apparaît insupportable. Le Réseau syndical pour les migrants au Maroc souligne que plusieurs d’entre elles sont issues de milieux modestes et disposent de faibles revenus.

« Une tragédie supplémentaire pour les familles »

Dans son appel, le réseau demande au gouvernement marocain d’assumer pleinement sa « responsabilité humaine et nationale » en prenant en charge l’ensemble des frais et procédures nécessaires au transport des dépouilles des citoyens marocains décédés à Sebta.

Il réclame également que les victimes puissent être enterrées auprès de leurs familles, dans des conditions respectueuses de leur dignité, sans imposer aux proches des coûts dépassant leurs moyens.

Le réseau appelle aussi à la mise en place d’un mécanisme d’urgence destiné à communiquer avec les familles et à les accompagner sur les plans administratif et social. Ce dispositif devrait, selon lui, permettre d’accélérer les procédures d’identification des victimes, de remise des dépouilles et de leur transport.

Pour l’organisation syndicale, les circonstances ayant conduit ces personnes à tenter la traversée ne doivent pas faire oublier leur statut de citoyens marocains. « Ces victimes, quelles que soient les circonstances qui les ont poussées à tenter la traversée, sont des citoyens marocains et des enfants de ce pays », insiste le texte.

Un appel également adressé aux autorités espagnoles

Le Réseau syndical pour les migrants au Maroc interpelle également les autorités espagnoles. Il leur demande d’exonérer totalement les familles marocaines de tous les frais liés à la remise et au transport des dépouilles.

L’organisation appelle les autorités espagnoles à traiter ces situations comme des cas humanitaires exceptionnels, plutôt que comme de simples dossiers administratifs ou financiers.

Elle réclame également la facilitation et l’accélération des procédures d’identification et de remise des corps aux familles, ainsi qu’une communication transparente sur les informations nécessaires au suivi des dossiers.

Selon le réseau, de nombreuses familles concernées vivent déjà dans des conditions précaires. « Si leurs enfants et leurs familles avaient vécu dans des conditions stables, beaucoup n’auraient pas été contraints de s’engager dans ce parcours de migration irrégulière et de risquer leur vie », souligne l’appel.

Le texte se conclut par un engagement à poursuivre le suivi de la situation des familles, à collecter des informations sur les victimes et les disparus et à défendre leur droit à connaître le sort de leurs proches, à récupérer leurs dépouilles et à les inhumer dignement.

À Lire aussi
  • Sebta : “Avocats Sans Frontières” alerte sur un drame migratoire qui se poursuit

    Près de deux mois après les événements des 30 et 31 juillet à la frontière entre Fnideq et Sebta, une mission d’Avocats Sans Frontières, menée du 16 au 20 septembre, fait état d’enfants sans prise en charge stable, de femmes victimes de violences peinant à accéder à une protection et de familles toujours à la…

    WhatsApp Image 2026 08 31 at 19.22.06

    Actualités

  • Marocains du monde : Les partis prudents sur la participation politique

    Sur le dossier des Marocains du monde, les programmes des partis politiques convergent sur plusieurs revendications, mais les modalités de la représentation politique ne sont pas portées par plusieurs partis. Lecture dans les programmes de neuf partis politiques.

    WhatsApp Image 2026 09 22 at 18.05.59

    Analyse

  • Entre le Maroc et la Grèce, une entente sur les migrations

    Le 7 septembre 2026, Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères était en visite à Athènes pour rencontrer son homologue grec, Giorgos Gerapetritis. La partie grecque, connue pour une politique migratoire dure s’est montrée élogieuse à l’égard du Maroc, un soutien bienvenu pour Rabat dans le contexte de post-Sebta. Les détails.

    Greece maroc

    Actualités

  • Inscrivez-vous à la Newsletter des Sans Voix 


    Contre l’info-obésité, la Newsletter des Sans Voix