Entre le Maroc et la Grèce, une entente sur les migrations

Le 7 septembre 2026, Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères était en visite à Athènes pour rencontrer son homologue grec, Giorgos Gerapetritis. La partie grecque, connue pour une politique migratoire dure s’est montrée élogieuse à l’égard du Maroc, un soutien bienvenu pour Rabat dans le contexte de post-Sebta. Les détails.
Si les principaux dossiers de cette visite diplomatique étaient du côté marocain, le dossier du Sahara marocain et côté grecque, une plus forte coopération économique notamment sur les investissements et les marchés à gagner pour la Coupe du monde 2030, un dossier a attiré l’attention dans le contexte de la crise de Sebta, il s’agit de celui des migrations et sa gestion par les deux pays.
Prudence grecque
Rappelons dès le départ que la Grèce de l’actuel Premier ministre, Kyriakos Mitsotakis, mène depuis plusieurs années une politique migratoire parmi les plus restrictives de l’Union européenne, fondée sur le renforcement du contrôle des frontières, l’accélération des expulsions et un durcissement de l’accès à l’asile. Depuis 2025, Athènes pousse également à l’externalisation des retours de migrants déboutés vers des pays tiers.
Elle a fait partie des cinq pays européens signataires (Danemark, l’Allemagne, l’Autriche, Grèce et Les Pays-Bas) d’un accord pour installer des hubs de retour. Ainsi, la Grèce ne se contente plus d’être un pays de première entrée ; elle est devenue l’un des États européens qui poussent activement à durcir la politique européenne des retours et à externaliser une partie de la gestion migratoire.
Dans sa déclaration à la presse le 7 septembre, le chef de la diplomatie grecque Giorgos Gerapetritis a adopté une position prudente sur la crise actuelle. Il ne reprend pas les accusations espagnoles mettant en cause une supposée « implication marocaine ». Il présente les événements comme « un défi migratoire européen et régional appelant à renforcer la coopération, le contrôle des frontières et la lutte contre les réseaux de passeurs. »
Eloges au Maroc
« Les récents événements survenus à la frontière entre le Maroc et l’Espagne, dans la zone de Ceuta, démontrent une fois de plus que la gestion des migrations constitue un défi commun, tant européen que régional ».
Dans cette déclaration du ministre grecque, on peut lire : « Les récents événements survenus à la frontière entre le Maroc et l’Espagne, dans la zone de Ceuta, démontrent une fois de plus que la gestion des migrations constitue un défi commun, tant européen que régional, et nécessite une coopération étroite, une protection efficace des frontières ainsi qu’une action résolue contre les réseaux de trafic de migrants. Nous sommes convaincus que ce partenariat entre l’Union européenne et le Maroc — notamment dans les domaines de la connectivité numérique, de l’énergie verte et de la gestion des migrations — contribuera à relever efficacement les défis régionaux et internationaux communs ». Ainsi la crise de Sebta est présentée par Athènes comme un problème européen de gestion des frontières et des migrations, et non comme un contentieux bilatéral entre Madrid et Rabat.
« Nous sommes convaincus que ce partenariat notamment dans les domaines de la connectivité numérique, de l’énergie verte et de la gestion des migrations — contribuera à relever efficacement les défis ».
« Elle nécessite une coopération étroite, une protection efficace des frontières ainsi qu’une action résolue contre les réseaux de trafic de migrants ».
Dans cette même déclaration, la partie grecque souhaite renforcer la coopération avec le Maroc : « Nous accordons également une importance particulière au nouveau Pacte pour la Méditerranée, qui offre un cadre pour renforcer notre coopération dans des domaines clés d’intérêt commun, tels que la migration, l’énergie, la transition numérique et les échanges humains ».
Pour sa part, la partie marocaine dans son communiqué s’est contentée d’une phrase à la fin du communiqué des Affaires étrangères où on pouvait lire : « Ils [Les deux ministres] ont, en outre, relevé la convergence de leurs efforts dans les domaines de la lutte contre le terrorisme et de la lutte contre la migration irrégulière ». Entre grecs et marocains, c’est la lune de miel, en attendant de nouveaux accords…

