« Ni Safir Ni Sifara » : Les Casablancais s’indignent face à la normalisation
Une centaine de manifestants se sont donnés rendez-vous dimanche 27 septembre à la Place Sraghna de Casablanca pour protester contre la décision d’augmenter la représentation diplomatique entre Rabat et Tel Aviv et d’établir une ambassade israélienne.
Une centaine de manifestants se sont donné rendez-vous dimanche 27 septembre place Sraghna, à Casablanca, pour protester contre la décision de rehausser la représentation diplomatique entre Rabat et Tel Aviv et d’établir une ambassade israélienne.
Organisé par le Front marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation, le rassemblement a réuni des manifestants qui ont scandé des slogans exigeant la fin de la normalisation avec l’occupation israélienne. Drapeaux et affiches brandis, le message était clair : « La Safir, La Sifara », soit « Ni ambassadeur, ni ambassade ».
« La Palestine n’est pas à vendre », « Vous avez normalisé avec des assassins », « Nous ne reconnaîtrons pas Israël », scandaient-ils. Sur les pancartes, on pouvait lire : « Non à la normalisation sous toutes ses formes », « Les sionistes ne sont pas les bienvenus », « Honte, vous avez normalisé avec des insectes » ou encore « Boycott ».
Dénoncer l’acte de l’État
« Nous sommes ici pour dénoncer l’acte commis par l’État marocain, par la semi-diplomatie dont il a fait preuve, et l’ouverture d’ambassades entre le Maroc et Israël », déclare Mohamed Chardadi, coordinateur adjoint du secrétariat local du Front à Casablanca. « Nous considérons cette décision comme une décision lâche », affirme-t-il.
« Le Maroc ne fait que s’enfoncer dans la normalisation », explique pour sa part la militante Saadia Ouallous. « Le monde entier prend ses distances avec l’entité sioniste. Mais le Maroc ? Je ne comprends pas pourquoi il ne fait qu’avancer dans ses relations avec elle. »
« Nous sommes ici pour protester contre le régime makhzénien, qui est allé jusqu’à ouvrir des bureaux de liaison et à échanger des ambassadeurs », commente Mohamed El Wafi, membre du Front. « Affirmer nos relations avec Israël constitue une menace non seulement pour la Palestine, mais aussi pour le Maroc, car nous savons parfaitement que tout ce qui touche à l’État sioniste apporte la catastrophe. Voilà pourquoi cette manifestation est si importante », poursuit-il.
Dans le même contexte, plusieurs manifestations ont également été organisées dans d’autres villes du royaume. Des arrestations et des interdictions ont eu lieu à Tétouan et à Tanger.
Toutes traduisent la même fracture entre la volonté du peuple et les décisions de l’État, qui a franchi un nouveau cap dans ses relations assumées avec l’État hébreu. Dans la rue, le message reste le même : « La Safir, La Sifara, Filistin Hora », « Ni ambassadeur, ni ambassade, la Palestine est libre ».