1er mai à Rabat : les migrant·e·s réclament justice et dignité

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À l’occasion de la Journée internationale des travailleur·e·s, 1er mai, l’Organisation Démocratique du Travail – section Migrants (ODT-Migrants) a pris part à la marche syndicale organisée à Rabat, aux côtés de nombreuses autres composantes du mouvement ouvrier marocain. Les détails.

En se joignant à cette mobilisation nationale, les travailleur·e·s migrant·e·s ont exprimé d’une seule voix leurs revendications urgentes pour une véritable justice sociale et migratoire. 

Pour une justice migratoire 

Parmi les principales demandes portées lors de cette manifestation : « l’égalité de traitement entre travailleur·e·s marocain·e·s et migrant·e·s en matière de conditions de travail, de salaires, et de couverture sociale, ainsi que la régularisation administrative via le renouvellement sans entrave des cartes de séjour ».

Les manifestant·e·s ont dénoncé avec force les pratiques répressives dont sont victimes de nombreux migrant·e·s , notamment les arrestations arbitraires, les expulsions sans base légale, et les déplacements forcés.

Les manifestant·e·s ont également dénoncé avec force les pratiques répressives dont sont victimes de nombreux migrant·e·s à travers le pays, notamment les arrestations arbitraires, les expulsions sans base légale, et les déplacements forcés, en particulier dans les régions frontalières. Ils ont réaffirmé leur droit à vivre dans la dignité, à travailler librement, et à être protégés par la loi comme tout autre citoyen ou résident au Maroc.

« Il y a du travail au Maroc, mais sans papiers, comment est-ce qu’on va le trouver ? On est en train de souffrir »

 « Il y a du travail au Maroc, mais sans papiers, comment est-ce qu’on va le trouver ? On est en train de souffrir », témoigne Kembi Marie Louise, présidente de l’association l’assistance des mères et enfants (AMESM). Elle décrit des situations de grande précarité, où l’absence de titre de séjour empêche l’accès au travail et au logement, aggravant la vulnérabilité de nombreuses familles.

« Les bailleurs ne veulent pas faire de contrat. Mais pour renouveler nos carte séjours, les autorités te dit qu’il. Sans ça, on ne renouvelle pas ».

L’impossibilité d’obtenir un contrat de location, souvent exigé par les autorités pour renouveler les cartes de séjour, constitue un obstacle supplémentaire. « Les bailleurs ne veulent pas faire de contrat. Mais pour renouveler nos carte séjours, les autorités te dit qu’il. Sans ça, on ne renouvelle pas », poursuit-elle.

La question dépasse la simple présence : comment visibiliser leurs luttes dans l’espace public, comment formuler et porter leurs revendications de manière lisible ?

Au-delà de leur participation, plusieurs migrant·e·s ont exprimé une forme de malaise face aux codes des mouvements syndicaux. Ils expliquent avoir du mal à se faire entendre, à structurer leurs revendications comme les autres collectifs. La question dépasse la simple présence : comment visibiliser leurs luttes dans l’espace public, comment formuler et porter leurs revendications de manière lisible, et surtout, comment mobiliser autour d’eux une solidarité large et durable ? Ce 1er mai a ainsi mis en lumière non seulement l’urgence sociale, mais aussi le besoin d’outils, de soutien et de reconnaissance pour permettre à ces voix encore marginalisées de se faire pleinement une place dans les luttes collectives.

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