À Casablanca, Grève générale et guerre des chiffres

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Le bilan de la grève générale divise les centrales syndicales et le gouvernement. Reportage à Casablanca au siège régional de la CDT.

Il est 11h, nous sommes au quartier commerçant de Derb Omar à Casablanca, l’activité commerçante suit son cours normal. La circulation est plus fluide que d’habitude ce mercredi 5 février. La CDT et plusieurs autres centrales syndicales annoncent une grève d’une à deux jours pour contester l’adoption de la loi sur la grève. 

Cérémonial syndical

Un petit cortège avec drapeaux jaunes de la CDT à la main brise la torpeur de cette matinée hivernale.

Un petit cortège avec drapeaux jaunes de la CDT à la main brise la torpeur de cette matinée hivernale. Ces militants de la CDT scandent des slogans dénonçant la cherté de la vie et « la mauvaise gestion du gouvernement ». Les commerçants de Derb Omar prennent conscience de la grève générale. Certains baissent leurs rideaux. D’autres observent le passage du cortège. Les autorités tentent de comprendre le déroulement de l’action militante et entament un dialogue avec les responsables régionaux de la CDT. Ces derniers se montrent rassurants. Le cortège est rejoint par Alami Lahouir, secrétaire général adjoint de la CDT qui prend les devants de ce cortège « symbolique ». Le cérémonial pour le « zaim » du jour est calculé. Lahouir participe pour quelques minutes à peine avant de rejoindre le siège. Les militants de « base » continuent leur démonstration. Les forces de l’ordre saluent les syndicalistes. Et cette matinée paisible de grève générale reprend son rythme habituel. A Rabat, gouvernement et Centrales syndicales se divisent sur le bilan de cette grève avec des écarts importants entre les deux sources. 

Décalage entre les chiffres

À Rabat, gouvernement et Centrales syndicales se divisent sur le bilan de cette grève avec des écarts importants entre les deux sources.

Les centrales syndicales avancent des chiffres « confirmant le succès de de la grève. L’UMT a annoncé un taux de participation de près de 85%. La coalition composée de la CDT-UNTM-ODT-FSD a annoncé un taux de participation de 80%

Pour sa part, le gouvernement annonce un taux de participation à la grève nationale à l’appel des centrales syndicales de « 32% dans le public et 1,4% dans le privé mercredi. C’est ce qu’a indiqué le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri.

Par secteur, le taux de participation a atteint 35,5% dans l’Education, 33,3% dans la Santé, 30,5% dans la Justice, 26,4% dans les collectivités territoriales et 25,9% dans les administrations, a précisé le responsable lors du point de presse organisé en marge du conseil de gouvernement.

Pour rappel, cette grève générale fait suite au « blocage du dialogue social et surtout l’adoption du projet de loi organique n°97.15 fixant les conditions et modalités d’exercice du droit de grève ». 

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