Assidon : « Le Maroc ne doit pas être complice du génocide »
BDS Maroc a organisé un sit-in le 4 août à Casablanca, devant le port, pour dénoncer le passage d’un navire transportant des armes destinées à Israël. Sion Assidon, coordinateur de BDS au Maroc, revient sur les raisons de cette action.
ENASS: Pourquoi BDS Maroc organise-t-il ce sit-in devant le port de Casablanca ?
Sion Assidon: Depuis novembre 2024, la société Maersk effectuait le transbordement de tous les chargements de l’armée américaine destinés à l’armée d’occupation au port d’Algésiras. Le gouvernement espagnol a interdit ce passage, et la compagnie a alors réorienté la trajectoire de ses navires vers le port de Tanger Med.
Aujourd’hui, tous les dix jours, deux bateaux se rencontrent à Tanger Med : l’un arrive des États-Unis et l’autre revient de Haïfa. Le premier décharge du matériel militaire en provenance des États-Unis, tandis que le second le charge pour l’emmener à Haïfa. Cette fois-ci, le premier bateau est le MAERSK ATLANTA et le second est le Norfolk.
Aujourd’hui, tous les dix jours, deux bateaux se rencontrent à Tanger Med : l’un arrive des États-Unis et l’autre revient de Haïfa.
Pourquoi organiser un sit-in devant le port de Casablanca si le navire ne s’y arrête pas ?
Ce sit-in a lieu à Casablanca car le navire MAERSK NORFOLK passe par les eaux de la ville avant de rejoindre Tanger. Il est au large de Casablanca et attend une place pour entrer au port. Une fois qu’il aura obtenu la permission de décharger le matériel rapporté de la Palestine occupée à Casablanca, il prendra la route d’Algésiras, puis se rendra à Tanger Med pour charger d’autres marchandises.
Nous menons de nombreuses campagnes, comme celle de boycott de la société Carrefour.
C’est pourquoi nous voulons marquer notre refus total de cette collaboration, qui constitue une complicité dans l’accomplissement du crime contre l’humanité qu’est le génocide. Quiconque aide les auteurs d’un génocide à recevoir des armes est évidemment complice. Dans ce cas précis, nous savons qu’il y a au moins un conteneur qui contient des pièces détachées pour les avions F-35. Elles sont envoyées par la société Lockheed Martin de Houston, qui construit ces appareils.
Nous ne pouvons pas accepter que le Maroc soit complice de cela.
Ces pièces transiteront par Tanger Med avant d’être envoyées en Palestine occupée pour être montées sur les avions F-35, dont nous connaissons le rôle. Des dizaines de milliers de personnes sont mortes à cause des bombardements de ces F-35, sans parler de leur utilisation au Liban, en Syrie, au Yémen et en Iran. Nous ne pouvons pas accepter que le Maroc soit complice de cela. Nous refusons la normalisation.
Des dizaines de milliers de personnes sont mortes à cause des bombardements de ces F-35.
Quels efforts sont menés pour poursuivre la campagne de boycott au Maroc ?
Le boycott est une manière de lutter contre la normalisation. Nous menons de nombreuses campagnes, comme celle de boycott de la société Carrefour. Nous organisons aussi le boycott académique, pour nous opposer à la collaboration des universités d’occupation avec les universités marocaines. Nous dénonçons aussi la complicité du Maroc dans les crimes de génocide à travers cette opération de navires qui apporte et qui repart.