De Rabat à Gaza, les femmes pour la Palestine

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Gaza est toujours sous les bombes depuis le 7 octobre 2023, les Marocains maintiennent fermement leur soutien envers la Palestine. Reportage auprès de la participation féminine et régulière aux actions de solidarité.

Marche pour la Palestine du 11 février 2024 à Rabat. Crédit Photo, I. B- ENASS

Ce dimanche 11 février, une foule imposante a envahi les rues de Rabat pour réclamer un cessez-le-feu immédiat, et tenter de mettre fin aux atrocités perpétrées contre le peuple palestinien. Une forte présence féminine marque cette marche, avec des femmes de tous âges, jeunes et moins jeunes, certaines accompagnées d’enfants. Elles se rassemblent toutes, scandant des slogans, chantant des chansons connues de Palestine, criant haut et fort des formules exigeant un cessez-le-feu et condamnant ce qui se passe à Gaza.

Venues de Tétouan

Il est 10 heures à Rabat, des militants, des médecins et des syndicats de médecins, des organisations politiques ainsi que des milliers de citoyens venus des quatre coins du Royaume, ont répondu à l’appel d’une marche nationale suivant un parcours depuis Bab Al Had jusqu’au Parlement, en un geste de solidarité envers la population de Gaza. Comme à chaque manifestation, beaucoup de femmes étaient dans les rangs des manifestants. Parmi elles des femmes faisant partie d’organisations politiques (islamistes, de gauche, etc.) mais aussi des personnes qui ne sont affiliées à aucune formation politique, elles soutiennent la Palestine sans faille. 

Aicha venue de Tétouan, était accompagnée de sa fille et de sa petite-fille pour cette marche.

« Nous venons de Tétouan et ne manquons aucune marche ou manifestation. C’est le minimum que nous puissions faire pour notre Palestine, si seulement nous pouvions en faire davantage », déclare Aicha, une femme d’une cinquantaine d’années.

Elles distribuaient tout au long de la marche des affiches contenant les produits à boycotter.

Cette femme était accompagnée de sa fille et de sa petite-fille, qui distribuaient tout au long de la marche des affiches contenant les produits à boycotter.

Marche pour la Palestine du 11 février 2024 à Rabat. Crédit Photo, I. B- ENASS

À proximité, on croise une femme médecin vêtue de sa blouse blanche et coiffée de sa keffieh, accompagnée de sa petite famille, brandissant des pancartes sur lesquelles sont inscrits : «Un holocauste ne justifie pas un autre, Free Palestine», ainsi qu’un autre panonceau où était écrit : «Le langage est très important : occupation et non conflit, génocide et non guerre, ce n’est pas du terrorisme mais de la résistance ».*

De Rabat à Gaza : Médecins, jeunes et en famille pour la Palestine

Marche pour la Palestine du 11 février 2024 à Rabat. Crédit Photo, I. B- ENASS

“Votre silence est meurtrier”, “Cessez-le-feu maintenant”, “Arrêtez de bombarder les hôpitaux”, “Arrêtez le massacre”, “la normalisation est une trahison”, peut-on lire sur les banderoles et pancartes brandies par les citoyens.

Pour nous, cette marche représente notre engagement inébranlable en tant que peuple marocain envers la résistance du peuple palestinien, notamment à Gaza, et nous permet de rendre hommage aux martyrs de la cause palestinienne“, explique Salim, un jeune étudiant en médecine à Casablanca.

Il ajoute avec émotion : “Nous approchons des cinq mois de ce génocide. Chaque jour, des centaines d’enfants, de femmes et d’hommes sont tués, et le monde entier reste silencieux. Presque cinq mois se sont écoulés et ce génocide continue.”

À côté de Salim, un autre participant s’écrie : “Nous condamnons le silence et la normalisation. Ce que nous voyons aujourd’hui démontre que nous, en tant que peuple, n’avons jamais soutenu la normalisation et pour nous, c’est une trahison.

Ambiance festive, malgré tout

Marche pour la Palestine du 11 février 2024 à Rabat. Crédit Photo, I. B- ENASS

À l’instar des autres marches et manifestations, les chansons de Julia Boutros, telles que “Lahbiba Ya Palestine” ou encore “Lève Palestrina” (vive la Palestine), une chanson datant de cinquante ans, ont émergé comme l’hymne de tous les soutiens de la Palestine. Une fois entendues, tout le monde lève les écharpes bien hautes et commence à chanter, avec des voix chargées d’émotion. 

Le long du parcours et jusqu’à l’avenue Mohamed V, des citoyens brandissent des drapeaux palestiniens de toutes tailles, des écharpes clamant “Free Palestine”, tandis que des jeunes vendent des autocollants(stickers) arborant les photos des villes de Palestine et de journalistes martyrisés par les sionistes, tels que Sherine Abu-Akleh et Hamza Dahdouh, ainsi que d’autres journalistes renommés pour leur couverture médiatique tout au long de cette période, comme Waiel Dahdouh et Moataz Azaiza.

Dans un autre emplacement de la marche, près de la fontaine, des affiches cartonnées exhibent les célèbres caricatures dénonçant les crimes commis à Gaza. Cette marche démontre l’engagement du peuple marocain et son dévouement pour la cause palestinienne. C’est une démonstration poignante de la voix collective s’élevant contre la normalisation des relations entre Rabat et Tel-Aviv, marquée par la signature d’une déclaration condamnant ces liens et soulignant l’importance de la solidarité envers les droits humains et fondamentaux du peuple palestinien. Un type d’événement qui unit tous les Marocains dans une cause commune, illustrant leur soutien pour la Palestine.

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