Le journaliste Bouachrine dénonce la « persécution » en prison 

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La famille du journaliste Taoufik Bouachrine exige l’arrêt des « persécutions » à son encontre en prison. Son épouse et son Comité de soutien s’inquiètent des conséquences de ces mesures sur son état de santé.

Sans nouvelles de son mari, Asmae Moussaoui, épouse du journaliste Taoufik Bouachrine (54 ans) a tenu un sit-in devant la prison de Al Arjat près de Rabat le 16 mai dernier. Elle a exigé des informations sur sa situation de santé. La famille Bouachrine avait contesté les conditions de son transfert pour l’accès aux soins médicaux. Sa famille et ses soutiens s’inquiètent pour son état de santé « fragile ». 

Privation et sanctions 

Dans un communiqué publié le 15 mars, la famille Bouachrine informe l’opinion publique que le fondateur du quotidien Akhbar Al Yaoum a « subi une série de mesures punitives prises à son encontre simplement pour avoir demandé qu’il soit traité dans des conditions respectueuses de sa dignité humaine », peut-on lire dans ce document. 

« La privation de repas prescrits par son médecin traitant car Taoufik souffre de diabète de type 2 »

Parmi les « mesures » prises, selon le communiqué, « la privation de repas prescrits par son médecin traitant; car Taoufik souffre de diabète de type 2 et prend de l’insuline deux fois par jour, la réduction de la période de récréation à une heure par jour au lieu de deux heures contre la recommandation du médecin de bouger et de marcher en raison de son diabète et de problèmes circulatoires, restreindre son droit de contact à seulement deux fois par semaine pendant 10 minutes, y compris sa femme, ses enfants et ses frères ». 

En transmettant à sa famille ses nouvelles sanctions à son encontre, l’éditorialiste vedette conteste le bien-fondé juridique de ces mesures. « La loi doit être appliquée en délivrant un rapport sur le détenu et cela ne s’est pas produit », rappelle Bouachrine par la voix de sa famille. Enfin, cette dernière pointe du doigt des « milieux qui se cachent derrière ces pratiques et qu’il est conscient que les violations commises à son encontre sont des consignes supérieures qui dépassent les limites de l’administration locale ». 

Sa famille et ses soutiens s’inquiètent pour son état de santé « fragile ».

À l’origine de ce bras de fer, le refus de Bouachrine des conditions fixées par la prison locale d’Al Arjat pour accéder aux soins médicaux. Dans un communiqué, L’Instance nationale de soutien aux prisonniers d’opinion et aux victimes de violation de la liberté d’expression rappelle que « sur la base de l’avis du médecin de la prison, Bouachrine devait poursuivre sa convalescence dans un hôpital extérieur à la prison. Pour accéder à cette demande médicale, la prison a exigé la condition que le journaliste soit menotté et vêtu d’un uniforme de criminel, ce qui a été rejeté par Bouachrine, qui l’a considéré comme une insulte à sa dignité et à son humanité et une insulte à sa personne », peut-on lire dans ce communiqué publié le 17 mai. 

Tension avec l’administration pénitentiaire 

Ces accusations et ces mesures de rétorsion font suite à la publication d’un rapport d’Amnesty International accusant l’administration pénitentiaire de “priver du droit de lire et d’écrire” les journalistes emprisonnés (Bouachrine, Omar Radi et Soulaimane Raissouni). Dans une mise au point de la Direction générale de l’administration pénitentiaire a nié ses accusations, rappelant que les trois détenus « bénéficient de tous les droits ». Une version officielle contestée à son tour par les parents de Omar Radi. 

Pour rappel, Taoufik Bouachrine a été condamné à 15 ans de prison pour « viol”, traite des êtres humains et agressions sexuelles », à l’encontre de plusieurs femmes. Son procès s’est déroulé dans une ambiance tendue. Les principales organisations des droits de l’Homme au Maroc et dans le monde estiment son procès est « inéquitable ». Un organe du Haut-commissariat des Nations Unis aux droits humains a décrit « sa détention comme arbitraire ». 

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