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Migrant·e·s disparu·e·s en mer : le cri des familles face à un drame silencieux

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Elles viennent de Souk Sebt, Khouribga, Attaouia ou Kelâat Sraghna. Depuis des années ces familles cherchent leurs fils, leurs frères ou leurs maris ou leurs proches, disparus sur les routes de l’exil. À Béni Mellal, elles ont pris la parole. Soutenues par le Réseau marocain des journalistes des migrations (RMJM) et l’Association d’aide aux migrants…

Des familles venues de Souk Sebt, Attaouia, Kelâat Sraghna et Khouribga ont pris la parole publiquement pour raconter leur attente, leurs espoirs et leur colère.

Réunis le 11 octobre à Béni Mellal, des familles venues de Souk Sebt, Attaouia, Kelâat Sraghna et Khouribga ont pris la parole publiquement pour raconter leur attente, leurs espoirs et leur colère. Leurs récits, marqués par la douleur et la dignité, ont révélé l’ampleur d’un phénomène souvent passé sous silence dans la région de Béni Mellal-Khénifra, particulièrement touchée par les départs de jeunes vers l’Europe.

« Nous exigeons justice et vérité »

« Nous ne cesserons pas de nous mobiliser tant que nous n’aurons pas de réponses sur le sort de nos enfants. »

Les témoignages des familles ont profondément marqué cette conférence inaugurale. Elles ont décrit l’isolement dans lequel elles se trouvent et « l’absence de soutien des autorités marocaines » dans leurs démarches pour retrouver leurs proches, enfants, maris, sœurs ou frères  portés disparus. Malgré ce silence institutionnel, leur détermination demeure intacte : « Nous ne cesserons pas de nous mobiliser tant que nous n’aurons pas de réponses sur le sort de nos enfants. »

Près de 560 Marocains seraient actuellement détenus en Algérie, en plus de dizaines d’autres en Libye et en Tunisie.

Selon Hassan Ammari, président de l’AMSV, la situation atteint un seuil alarmant :« Chaque jour, nous recevons entre trois et quatre signalements de disparitions lors de tentatives de migration. À ce jour, l’association a enregistré plus de 560 dossiers de Marocains présumés détenus en Algérie dont 260 sont actuellement en cours de déportation, ainsi que des dizaines d’autres en Libye et en Tunisie. »Et d’ajouter :« le droit des familles a exigé la vérité sur le sort des migrants disparus sans pression des autorités. C’est un droit fondamental de chaque citoyen surtout face à l’ampleur du phénomène et la complexité des cas».

« Le droit des familles a exigé la vérité sur le sort des migrants disparus sans pression des autorités. C’est un droit fondamental de chaque citoyen surtout face à l’ampleur du phénomène et la complexité des cas».

« Briser le silence médiatique »

Ce drame humain est le symptôme d’une double crise : d’un côté, la précarité et le désespoir d’une jeunesse marocaine en quête d’avenir ; de l’autre, les politiques migratoires européennes de plus en plus restrictives


Pour le RMJM, ce drame humain est le symptôme d’une double crise : d’un côté, la précarité et le désespoir d’une jeunesse marocaine en quête d’avenir ; de l’autre, les politiques migratoires européennes de plus en plus restrictives, qui enferment la mobilité des jeunes, non seulement marocain-e-s mais également maghrébin-e-s et africain-e-s et nourrissent les routes de l’exil.

À travers cette initiative, le réseau des journalistes appelle « les médias marocains publics et privés à rompre le silence, à sortir de la logique du fait divers, et à traiter ces disparitions avec rigueur, humanité et profondeur ».

Le réseau et son partenaire l’AMSV se disent  prêts « à accompagner les rédactions qui souhaitent couvrir ces histoires, en partageant témoignages, données et expertises ».

« Des milliers de familles marocaines vivent ce drame dans l’ombre. Notre responsabilité éthique, en tant que journalistes, est de rendre visibles leurs voix et de documenter les causes structurelles de cette tragédie », affirme le RMJM.

Le réseau et son partenaire l’AMSV se disent  prêts « à accompagner les rédactions qui souhaitent couvrir ces histoires, en partageant témoignages, données et expertises ».

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