Perspectives du mouvement pour les droits des migrants au Maroc

1FCBA35E 1113 466E 9CF2 0C0D793FC0D8

La première journée du forum a été consacrée à l’analyse et à la commémoration du massacre de Nador-Mellila du 24 juin 2022 au poste frontalier de Barrio Chino. focus.

Crédit photo: E-Joussour/FSMM

Lors de cette session, les participants ainsi que les intervenants ont vivement dénoncé la violence infligée aux migrants ainsi que l’ampleur des méthodes d’opération Nord-Sud utilisées. 

Drame 24 juin: Indignation et dénonciation des politiques migratoires 

Pour le FSMM, le choix de la ville de Nador pour accueillir le cinquième forum est une manifestation de solidarité renforcée envers les migrants et de lutte contre les politiques migratoires qui ont conduit aux événements tragiques du 24 juin 2022.

«Le résultat global de cette session est bien l’indignation des violations commises ainsi qu’un petit rappel des politiques européennes»

Said Tbel , membre de l’AMDH

« Le forum social se situe dans le cadre de la commémoration du 24 juin, ce qui donne au forum un but et un sens. C’est le fait de s’arreter sur ces crimes commis envers les migrants ce vendredi noir», nous confie Saïd Tbel, membre du AMDH.

Et d’ajouter: «Le résultat global de cette session est bien l’indignation des violations commises ainsi qu’un petit rappel des politiques européennes ».

Ces événements tragiques mettent en évidence à la fois un recours excessif à la violence, une complicité entre les États du Nord et du Sud dans la répression aux frontières, une mise en œuvre de politiques de renvois forcés illégaux et un manquement à l’obligation d’assistance envers les personnes en danger. Cela se manifeste par la persécution des victimes à travers des procès injustes, la criminalisation de la migration et la stigmatisation des demandeurs d’asile et réfugiés.

« Il y a  d’énormes recommandations pour l’avenir de la dynamique migratoire au Maghreb et spécifiquement au Maroc », affirme le militant.

Mouvement des familles des migrants disparus: Quel avenir ?

Suite aux témoignages poignants des familles des migrants disparus en mer, lors du FSMM, les participants et les intervenants ont souligné l’importance d’un appel aux régimes maghrébins de collaborer afin d’identifier les personnes présumées disparues en mer. 

« Le mouvement des familles des migrants disparus est une très bonne idée, ça a donné de bons résultats, la seule peur qu’on a c’est la manipulation de ce mouvement, mais pour moi il peut réussir s’il peut renforcer ses outils internes en tant que familles », ajoute-t-il.

Et d’ajouter :«On va continuer à travailler sur ce volet, en les protégeant, accompagnant et étant présents dans leur manifestations mais il faut les laisser s’organiser seules».Dans le même sens, ils ont exigé de mettre fin à la  politisation de cette question migratoire et de chercher des solutions basées sur l’humanité, la coopération et le respect mutuel, tout en soulignant qu’une approche plus inclusive et solidaire est nécessaire pour relever les défis migratoires dans la région méditerranéenne.

À Lire aussi
  • Les refoulés de Sebta : Scènes de naufragés de la frontière européenne

    Après les refoulements opérés par les autorités espagnoles, des centaines de jeunes Marocains et de migrants subsahariens ont été transférés vers Tanger avant d'être renvoyés vers leurs villes d'origine. Reportage à la gare TGV de Tanger, où s'achève le rêve européen. Nous sommes le lundi 3 août. Il est 16 heures à la gare TGV…

    Reportages

  • « Se sentir Bnadem » : une lecture citoyenne des départs vers Bab Sebta

    Face aux images des départs vers Bab Sebta, la sociologue Leila Bouasria refuse la lecture rapide. La chercheuse avec un regard citoyen propose une lecture à la hauteur de cette lourde réalité, faite plus de questionnements que de certitudes. Tribune.  Leila Bouasria : Sociologue, Université Hassan II, Casablanca et chercheure associée au LADSIS Nous avons tous…

    Parti pris

  • À Sebta : 67 morts, un silence d’État

    Une nouvelle vague de hrig sans précédent a submergé Sebta cette semaine, laissant derrière elle un bilan macabre. Face à l'ampleur du drame, l'État marocain a fait un choix : celui du silence. Et voici la « saison 3 », avec son lot de drames, de mises en scène, de complots supposés, de répression, de…

    Edito

  • Inscrivez-vous à la Newsletter des Sans Voix 


    Contre l’info-obésité, la Newsletter des Sans Voix