Retour volontaire, inclusion : Le bilan de la coopération OIM-Pays Bas au Maroc 

IMG 3799.JPG

L’OIM au Maroc et les Pays-Bas font le bilan de cinq ans de coopération autour du programme COMPASS. Plus de 11 500 migrants accompagnés dont 2700 personnes migrantes « retournées volontairement ». Bilan d’un partenariat présenté comme « un modèle de gouvernance migratoire ». Les détails.

Plus de 2 700 migrants sont rentrés volontairement dans leur pays d’origine « dans des conditions sûres et dignes ».

Lancé il y a cinq ans, le programme Cooperation and Partnerships to Achieve Sustainable Solutions (COMPASS) affiche aujourd’hui des résultats substantiels au Maroc. Selon le communiqué diffusé par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 11 500 migrants ont eu accès à des services de protection, plus de 4 200 jeunes ont bénéficié d’initiatives d’inclusion sociale et économique, et plus de 2 700 migrants sont rentrés volontairement dans leur pays d’origine « dans des conditions sûres et dignes ».

Cinq ans de coopération, un bilan chiffré

Déployé au Maroc ainsi que dans treize autres pays partenaires, le programme est présenté par l’OIM comme un modèle de coopération réunissant institutions nationales, autorités locales, organisations de la société civile et partenaires internationaux, autour d’un même objectif : renforcer la gouvernance des migrations.

« Des partenariats durables, fondés sur la confiance, la flexibilité et une vision commune. »

Laura Palatini, OIM

Pour Laura Palatini, Cheffe de mission de l’OIM au Maroc, l’enjeu dépasse la seule gestion technique des flux migratoires. « Les défis liés à la migration sont complexes et évoluent rapidement. Ils ne peuvent être relevés efficacement que grâce à des partenariats durables, fondés sur la confiance, la flexibilité et une vision commune », a-t-elle déclaré lors de l’événement.

Elle souligne que cinq années de travail commun ont permis « une coopération à long terme [qui] permet de mettre en place des réponses plus cohérentes, plus inclusives et plus durables, au bénéfice des migrants comme des communautés d’accueil ».

Renforcement des capacités locales

Au Maroc, le programme a notamment contribué « à renforcer les capacités de centaines d’acteurs institutionnels, d’autorités locales et d’organisations de la société civile, tout en améliorant les mécanismes de protection et en facilitant le retour volontaire et la réintégration durable des migrants », selon les termes du communiqué. L’OIM insiste sur le rôle des communautés de migrants elles-mêmes, actrices « essentielles dans l’identification des besoins » et l’orientation vers les services adaptés.

« Un partenariat à long terme fondé sur la confiance est le moyen le plus efficace de relever les défis complexes liés aux migrations. »

Dirk Jan Nieuwenhuis, Ambassade des Pays-Bas

Du côté néerlandais, l’ambassadeur Dirk Jan Nieuwenhuis a salué un partenariat structurant : « En tant que Pays-Bas, nous sommes fiers de cinq ans de collaboration avec le Royaume du Maroc, l’OIM et l’équipe COMPASS. » Il ajoute que le programme a permis aux partenaires de « travailler ensemble sur la protection, l’inclusion sociale et économique, ainsi que des solutions durables ».

Vers une deuxième phase (2024-2027)

L’événement, qui a réuni représentants marocains, ambassade néerlandaise, autorités locales et société civile, a été l’occasion de dresser un bilan à travers une exposition interactive. Alors que la deuxième phase du programme (2024-2027) se poursuit, les partenaires ont réaffirmé leur engagement en faveur d’une gouvernance des migrations « plus cohérente, plus inclusive et plus durable ».

COMPASS reste, selon l’OIM, « une coopération stratégique avec le ministère néerlandais des Affaires étrangères visant à renforcer les systèmes de gouvernance migratoire tout en protégeant les droits des migrants ». 

À Lire aussi
  • Morts à Sebta : qui paiera le retour des corps ?

    Face aux difficultés rencontrées par les familles des victimes des événements tragiques de Sebta, le Réseau syndical pour les migrants au Maroc (RSMM) lance un appel urgent aux gouvernements marocain et espagnol. Les détails  Le Réseau syndical pour les migrants au Maroc (RSMM) réclame notamment la prise en charge des frais de transport des dépouilles…

    Actualités

  • À Bab Sebta, « je cherche mon fils disparu »

    À Bab Diouna, poste-frontière entre Fnideq et Sebta occupée, des familles attendent depuis des jours des nouvelles de leurs enfants portés disparus lors des tentatives de franchissement des 27, 30 et 31 juillet 2026. Parmi elles, Mohamed Rehali, venu de Kelaât Sraghna, cherche son fils Abdelfattah, disparu dans l'eau sous les yeux de son ami.…

    Récits

  • De Casablanca à Sebta : le récit d’un étudiant devenu harag

    Étudiant en gestion à Casablanca, Fayçal* a tenté cinq fois de rejoindre l'Europe. Il raconte sa traversée à la nage jusqu'à Ceuta, sa fuite à pied de 66 km, et l'attente sans fin d'une opération médicale que le Maroc ne lui a jamais accordée. Au quartier Los Rosales à Sebta occupée, des centaines de jeunes…

    صورة معدلة بالذكاء الاصطناعي

    Récits

  • Inscrivez-vous à la Newsletter des Sans Voix 


    Contre l’info-obésité, la Newsletter des Sans Voix