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Au Toubkal, sommet de la solidarité palestinienne 

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À 4 167 mètres d’altitude, au sommet du Maroc et de toute l’Afrique du Nord, la Palestine était là. Pas comme une abstraction, pas comme un slogan — mais comme une présence vivante, incarnée, obstinée. Dans un cœur, sur une roche, autour d’un cou, sur un sticker. La Palestine avait précédé notre arrivée au sommet.…

Le vendeur de drapeaux

Avant de prendre la route vers le Haut-Atlas, je suis parti acheter un drapeau palestinien chez un vieux commerçant du Derb Omar. Dans sa boutique trônaient de grands portraits de lui aux côtés d’Abdelatif Hammouchi — patron de la DGST-DGSN — bien plus visibles que les portraits du roi Mohammed VI. En bon commerçant, il sait lire la trajectoire du pays et parier sur les « bons » chevaux. « Vive la sécurité ! Vive les drapeaux », semble dire. 

Il vend tous les drapeaux du monde, mais n’a gardé ni ouverture d’esprit ni once de bienveillance. Il n’a pas dissimulé sa contrariété en me voyant commander un drapeau palestinien. Mais un commerçant reste un commerçant : il ne croit ni aux drapeaux ni aux portraits. Il ne prie qu’une seule couleur — celle de l’argent.

Un keffieh italien et un camarade

Parmi les visages croisés lors de notre court séjour au refuge du Toubkal, l’un m’a marqué : un jeune Italien, reconnaissable entre tous à son keffieh original noir et blanc, porté sans interruption, de jour comme de nuit, dans le dortoir comme lors de la montée vers le sommet. À chaque fois que je le croisais, je lui lançais : « Vive la Palestine ! » Il me répondait invariablement : « Tahia Filistine ! » Le temps de ces dix-huit heures partagées dans ce dortoir spartiate, nous étions des camarades.

#FreeGaza sur la roche

Il était quatre heures du matin. Le chemin de l’ascension était éclairé par nos seules lampes-torches. Après une première heure de marche éprouvante entre neige et verglas, le doute commençait à s’installer. C’est alors qu’à quelques mètres devant moi, sur une grosse roche au bord du sentier, j’aperçois ces mots :— écrits à la peinture blanche. Ces mots avaient résisté aux tempêtes de neige, à la pluie, à l’usure du temps et à l’oubli des hommes. Un message de résistance gravé sur le toit du Maroc, dans l’obscurité et le froid, pour que personne ne passe sans voir.

Stickers pour la Palestine

Le refuge du Toubkal tient à la fois de la salle d’embarquement d’aéroport et de la tour de Babel. On y parle espagnol, italien, allemand, russe, polonais, arabe marocain — un brouhaha permanent, une humanité en transit. Au milieu de ce vacarme, dans cet établissement à la qualité déplorable — j’y reviendrai, promis —, la Palestine était présente.

Sur le tableau couvert de stickers laissés par les randonneurs du monde entier, le drapeau palestinien avait sa place. Certains marcheurs et grimpeurs portaient leur petite touche palestinienne — discrète mais réelle. Pas tous, bien sûr. Mais certains avaient la Palestine dans le corps, même loin de chez eux, même au sommet de l’Atlas.

Sur la route menant au refuge, un guide de montagne portait un t-shirt à l’effigie de la Palestine. Je lui lançai : « Vive la Palestine ! » Il me répondit sans hésiter : « Filistine Horra ! »

La Palestine était au Toubkal. Elle y sera encore.

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