Mehdi Black Wind : Sa défense dénonce une atteinte au procès équitable
Les avocats français et suisse du rappeur marocain Mehdi Black Wind dénoncent une procédure qu’ils jugent contraire aux garanties d’un « procès équitable ». Dans un communiqué publié lundi 20 juillet, ils annoncent leur déplacement à Casablanca afin d’assurer la défense de l’artiste actuellement détenu à la prison d’Oukacha. Les détails.
Les trois membres de la défense estiment que « l’affaire soulève de sérieuses interrogations quant au respect des droits de la défense et des garanties d’un procès équitable ».
Les avocats Olivier Peter, Aïnoha Pascual et Damia Taharraoui ont rendu public un communiqué dans lequel ils reviennent sur la procédure judiciaire visant El Mahdi Lyoubi, connu sous le nom de scène Mehdi Black Wind. Les trois membres de la défense estiment que « l’affaire soulève de sérieuses interrogations quant au respect des droits de la défense et des garanties d’un procès équitable ».
Selon le communiqué, Mehdi Black Wind, installé à Marseille, a été empêché le 10 juillet d’embarquer à destination de la France depuis l’aéroport de Rabat-Salé après avoir fait l’objet d’une interdiction de quitter le territoire. Convoqué quelques jours plus tard par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), il a été placé en garde à vue avant d’être présenté devant le parquet. Il est poursuivi pour « outrage à une institution constitutionnelle » et placé en détention provisoire à la prison d’Oukacha, dans l’attente de son audience prévue le 22 juillet.
Des garanties judiciaires mises en cause
Les trois avocats affirment que « l’artiste n’a, à ce stade, pas pu être assisté par ses avocats marocains, en raison notamment du contexte de la grève des avocats ».
Dans leur communiqué, les trois avocats affirment que « l’artiste n’a, à ce stade, pas pu être assisté par ses avocats marocains, en raison notamment du contexte de la grève des avocats ». Ils estiment que cette situation impose une « vigilance exceptionnelle » quant au respect des droits de la défense et du droit à un procès équitable.
La défense considère également que les poursuites engagées contre Mehdi Black Wind s’inscrivent « dans une logique de criminalisation de son engagement artistique et militant ».
La défense considère également que les poursuites engagées contre Mehdi Black Wind s’inscrivent « dans une logique de criminalisation de son engagement artistique et militant ». Elle rappelle que « la liberté d’opinion, d’expression et de création artistique est garantie par la Constitution marocaine et constitue, un pilier de tout État démocratique ».
Les avocats annoncent leur déplacement à Casablanca pour assurer la défense de leur client.
Les avocats annoncent qu’ils se rendront à Casablanca afin d’assurer la défense de leur client et d’apporter leur soutien au comité de défense marocain mobilisé dans cette affaire.
Une poursuite pour « outrage à une institution constitutionnelle »
À l’issue de sa garde à vue, Mehdi Black Wind a été présenté au parquet, qui a ordonné son placement en détention provisoire à la prison d’Oukacha dans l’attente de son procès, fixé au 22 juillet.
Le 17 juillet, le parquet près le tribunal de première instance de Casablanca a décidé de poursuivre Mehdi Black Wind pour « outrage à une institution constitutionnelle ».
Le 17 juillet, le parquet près le tribunal de première instance de Casablanca a décidé de poursuivre Mehdi Black Wind pour « outrage à une institution constitutionnelle », une infraction prévue par l’article 179 du Code pénal marocain qui « sanctionne toute atteinte, par paroles, écrits, images ou tout autre moyen de diffusion, au respect dû aux institutions constitutionnelles. Les peines prévues vont de six mois à deux ans d’emprisonnement et de 20.000 à 200.000 dirhams d’amende, l’une de ces deux peines pouvant également être prononcée »
Une pétition réclamant sa libération immédiate a déjà recueilli plus de 500 signatures.
Depuis son arrestation, l’affaire Mehdi Black Wind dépasse le seul cadre judiciaire. Au Maroc comme à l’international, elle a donné lieu à une large mobilisation d’artistes, de juristes, d’universitaires, de journalistes et d’organisations de défense des droits humains, qui y voient un nouveau test pour la liberté d’expression et de création artistique. Cette mobilisation s’est notamment traduite par le lancement d’une pétition réclamant la libération immédiate de l’artiste. Le texte a déjà rassemblé plus de 500 signataires, qui demandent le respect des droits fondamentaux et des garanties d’un procès équitable.