À Ras Asfour, des migrant-e-s meurent de froid

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Douze migrants originaires de pays d’Afrique subsaharienne ont trouvé la mort de froid et de faim dans des vallées glaciales de Ras Asfour, (province de Jerada, à l’est du Maroc), non loin de la frontière avec l’Algérie. Ils ont été enterrés dans des tombes sans nom.

Ce nouveau drame migratoire est terrifiant. Des centaines de citoyens de Jerada ont accompagné les funérailles de huit ressortissants d’Afrique subsaharienne, morts de froid et de faim dans des vallées glaciales près de Jerada. Une dizaine de migrants perdent ainsi la vie dans des conditions tragiques similaires.

La frontière Algérie–Maroc, un danger de mort

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Funérailles de huit ressortissants d’Afrique subsaharienne à Jerada.

Selon les données de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), section d’Oujda, la découverte de ces corps a été effectuée par les autorités entre le 3 et le 12 décembre dernier dans cette zone semi-désertique, connue pour ses températures extrêmement basses. Parmi les douze migrants décédés, les autorités ont recensé deux femmes.
« La région est connue pour sa géographie difficile, son isolement et son froid intense durant cette saison », rappelle l’AMDH Oujda. Ras Asfour est l’un des points d’entrée des migrants en situation irrégulière depuis l’Algérie vers le Maroc.

Au cours des trois dernières années, plus de 28 corps sans vie de migrants originaires de pays d’Afrique subsaharienne ont été découverts, auxquels s’ajoutent des migrants venus du Bangladesh et du Pakistan.

« Dans la zone frontalière de Ras Asfour et Rabban, on enregistre chaque année, durant les mois de décembre et janvier, une augmentation du nombre de victimes de la migration, avec la découverte de nombreux corps non identifiés de migrants originaires d’Afrique subsaharienne près de la frontière avec l’Algérie », regrette l’Association d’aide aux migrants en situation vulnérable (AMSV), par la voix de son président, Hassane Ammari.

AMSV : « Dans la zone frontalière de Ras Asfour et Rabban, on enregistre chaque année, durant les mois de décembre et janvier, une hausse du nombre de victimes de la migration. »

Dans un rapport publié par le réseau EuroMed Droits en 2015, ce collectif associatif alertait contre la “militarisation de la frontière entre le Maroc et l’Algérie dans son rapport intitulé: “Loin des regards, un danger menace les migrants et les réfugiés entre l’Algérie et le Maroc”.

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Mohamed Dahak de l’AMSV (deuxième à gauche) en déplacement à Jerada avec des représentants de communautés subsahariennes.

L’association a précisé qu’au cours des trois dernières années, plus de 28 corps sans vie de migrants originaires d’Afrique subsaharienne ont été retrouvés, en plus de migrants venus du Bangladesh et du Pakistan. Selon l’AMSV, le nombre de corps de victimes de la migration irrégulière découverts depuis 2017 à ce jour dans la région de Ras Asfour et Rabban, adjacente à la frontière maroco-algérienne, dépasse 76 migrants qui ont retrouvé la mort.

AMDH : « Nous sommes extrêmement inquiets face à la recrudescence de ces tragédies migratoires. Ces morts sont les victimes de la violation du droit à la liberté de circulation, pourtant garanti par les conventions nationales et internationales ».

D’après les données recueillies par l’AMSV, « les causes mises en évidence par les autopsies sont la rudesse du milieu naturel et le froid intense, notamment la nuit, lorsque les températures descendent jusqu’à cinq degrés en dessous de zéro », poursuit la même source. À l’issue des autopsies réalisées à Jerada, les autorités judiciaires ont autorisé l’inhumation de six corps de migrants non identifiés. L’AMSV évoque des migrants originaires du Nigeria, du Cameroun et de la Guinée-Conakry.

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Huit migrants ont été enterrés. Quatre autres sont en cours d’identification de la part de leurs familles ou proches.

Le 12 décembre dernier, l’enterrement de huit migrants s’est déroulé lors de funérailles publiques. « La région est connue pour son esprit de solidarité et d’entraide. Les habitants ont participé spontanément à l’enterrement et ont contribué à offrir un dernier adieu digne à ces personnes étrangères », salue l’AMDH Oujda.

Selon la même source associative, le parquet local a accepté la demande de la section de l’Oriental visant à autoriser des proches de l’un des défunts à procéder à l’identification du corps, dans l’espoir de le reconnaître. La démarche est toujours en cours.
« Nous sommes extrêmement inquiets face à la recrudescence de ces tragédies migratoires. Ces morts sont les victimes de la violation du droit à la liberté de circulation, pourtant garanti par les conventions nationales et internationales », conclut l’AMDH Oujda.

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