Défendre une pensée critique : l’héritage de Najib Akesbi
La parution de l’ouvrage collectif Mélanges en hommage au Pr. Najib Akesbi est l’occasion de prolonger le débat sur le développement du Maroc et de défendre une posture scientifique loin du conformisme académique ambiant. Présentation.
Économiste, intellectuel critique et figure majeure de la pensée marocaine contemporaine, Najib Akesbi est au cœur de cet ouvrage collectif qui lui rend hommage tout en prolongeant ses principaux chantiers de réflexion. À l’occasion de la parution de ce volume, une rencontre scientifique a réuni le 18 juin à la FSJES Souissi de Rabat plusieurs universitaires autour des enjeux du développement, des politiques agricoles et des finances publiques.
Un hommage qui dépasse la célébration
« Rendre hommage à Najib Akesbi, c’est d’abord prolonger le débat qu’il n’a jamais cessé d’ouvrir. »
C’est une manière de célébrer une œuvre vivante, tournée vers le débat et l’action. La parution de l’ouvrage collectif « Mélanges en hommage au Pr. Najib Akesbi. De l’économie politique aux finances publiques, en passant par les politiques agricoles… »
Initiée par la Revue marocaine des sciences politiques et sociales en partenariat avec l’Association marocaine des sciences économiques (AMSE), cette rencontre entend dépasser le simple hommage académique. Elle se veut un espace de réflexion collective sur les trajectoires du développement marocain, les défis économiques, sociaux et environnementaux auxquels le pays est confronté, ainsi que les pistes de réforme inspirées par les travaux de Najib Akesbi.
L’ouvrage, coordonné scientifiquement par Samira Mizbar et Mohamed Oubenal, rassemble les contributions d’une trentaine de chercheurs issus de différentes disciplines des sciences sociales.
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Une pensée critique au service du débat public
La quatrième de couverture rappelle le parcours singulier de Najib Akesbi, présenté comme l’un des rares intellectuels marocains ayant maintenu une parole critique et progressiste dans un contexte marqué par le désenchantement politique.
Ses travaux, consacrés notamment à l’économie politique, aux finances publiques et aux politiques agricoles, ont constamment interrogé les rapports entre savoir, pouvoir et responsabilité collective. Pour les auteurs de l’ouvrage, rendre hommage à Akesbi revient avant tout à réaffirmer une certaine conception du métier de chercheur : une science engagée, refusant aussi bien le technicisme que le conformisme académique.
« Une science économique n’a de sens que si elle interroge le pouvoir et la responsabilité collective. »
Le livre souligne ainsi que la science économique ne trouve pleinement son sens que lorsqu’elle accepte de questionner les paradigmes dominants et de contribuer à l’intelligence des crises contemporaines — qu’elles soient écologiques, sociales ou démocratiques.
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Trois grands axes de réflexion
Lors de cette rencontre du 18 juin trois thèmes qui traversent l’œuvre de Najib Akesbi ont été débattu : Économie politique et développement ; Développement rural, politiques agricoles et classes sociales ; Finances publiques et État social. Ces thématiques ont été discutées par quatre intervenants : Samira Mizbar, Hassane El Arafi, Noureddine El Aoufi et Abdellatif Zeroual.
Au-delà de la présentation de l’ouvrage, l’ambition était d’ouvrir un débat sur les dynamiques actuelles du modèle de développement marocain et sur les réformes susceptibles de répondre aux mutations économiques, sociales et environnementales.
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Une œuvre pensée comme une transmission
« Au-delà de l’hommage, un livre qui invite à penser le Maroc de demain. »
La quatrième de couverture insiste enfin sur l’esprit qui a présidé à la réalisation de cet ouvrage. Né dans le prolongement de l’hommage rendu à Najib Akesbi en mai 2025, il ne vise pas seulement à retracer un parcours universitaire remarquable. À la demande même du professeur Akesbi, il devait devenir un véritable espace de discussion scientifique, où collègues et jeunes chercheurs puissent confronter leurs analyses, prolonger ses questionnements et renouveler les perspectives ouvertes par son œuvre.
Plus qu’un livre d’hommage, ces Mélanges apparaissent ainsi comme une invitation à poursuivre une réflexion collective sur le développement du Maroc et sur le rôle des sciences sociales dans la compréhension des transformations de la société.