Littérature africaine – Le FLAM, c’est parti !
Salaheddine Lemaizi, à Marrakech
Venues de plusieurs continents, autrices et auteurs se sont retrouvés pour parler littérature, création et résistance.
Il est 11h, et le soleil de Marrakech est fidèle au rendez-vous. Dans l’antre du FLAM, au Centre culturel Les Étoiles de Jamaâ El Fna, plusieurs centaines de personnes se sont réunies pour le lancement de ce festival unique au Maroc et sur le continent africain. Venues de plusieurs continents, autrices et auteurs se sont retrouvés pour parler littérature, création et résistance.
Imaginer un autre monde possible
Résistance, car l’organisation s’est battue pour trouver les fonds nécessaires à la tenue de cette édition.
C’est une édition placée sous le signe de l’émancipation et de la résistance. Émancipation, car le festival s’affranchit cette année du calendrier du 1-54 Contemporary African Art Fair, avec lequel il se tenait jusqu’alors de manière simultanée. Résistance, car l’organisation s’est battue pour trouver les fonds nécessaires à la tenue de cette édition. À la veille de l’ouverture, les organisateurs ne cachaient pas leur soulagement et leur satisfaction d’avoir pu confirmer ce rendez-vous. Mahi Binebine, président du festival, a résumé le défi de cette édition par une boutade : « Jamal Debbouze avait dit qu’après la victoire de la France à la Coupe du monde 1998, Zidane avait aboli le racisme pour 48 heures. Au Maroc, le ton a presque changé après le fameux penalty de la finale de la Coupe du monde », a-t-il lancé le 22 avril lors du point de presse inaugural.
Cette nouvelle tension s’est notamment traduite par des refus de visas opposés à certains auteurs d’Afrique de l’Ouest. Mais qu’à cela ne tienne, les organisateurs ont tenu à préserver leur espace culturel panafricain. C’est dans cet esprit que « cette année, nous voulons imaginer d’autres possibles », a annoncé Hanane Essaydi, directrice artistique du festival.
Abdellah Baida, primé par des lycéens de Marrakech
Le moment fort en fut la leçon inaugurale intitulée “L’état de poésie comme un barrage à la nuit”, prononcée par la poète et romancière haïtienne plusieurs fois primée, Yanick Lahens. »
Le premier jour a tenu ses promesses : explorer et penser le monde de l’édition africaine, l’écriture face au vacillement du monde, l’écriture en harmonie avec les musiques africaines et arabes, et l’écriture comme outil pour faire céder les frontières. Le moment fort en fut la leçon inaugurale intitulée « L’état de poésie comme un barrage à la nuit », prononcée par la poète et romancière haïtienne plusieurs fois primée, Yanick Lahens.
La journée s’est conclue par la remise du Prix littéraire des lycéens de Marrakech. Ce prix met à l’honneur les choix et les voix de la jeune génération de lecteurs. « Un moment fort pour célébrer la lecture, encourager la réflexion critique et valoriser l’engagement des lycéens autour de la littérature contemporaine », rappellent les organisateurs. Le prix de cette année a été remis à Abdellah Baida pour son roman « Sacré Personnage » (édition Marsam). Ce prix est organisé par l’Association des Créations Littéraires (ACL) et animé par le romancier My Seddik Rabbaj, initiateur de l’événement, et ce en partenariat avec le FLAM.