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Marocains détenus en Somalie: Les oubliés du retour 

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Malgré un jugement d’acquittement, six jeunes Marocains restent détenus en Somalie. À Rabat, leurs familles demandent leur rapatriement et dénoncent une situation bloquée. Les détails.

Plus de deux ans après qu’un tribunal somalien a prononcé leur innocence, six jeunes Marocains restent enfermés dans une prison de Puntland, au nord-est de la Somalie.

Plus de deux ans après qu’un tribunal somalien a prononcé leur innocence, six jeunes Marocains restent enfermés dans une prison de Puntland, au nord-est de la Somalie. Les familles parlent de conditions « dangereuses », « humiliantes » et d’un silence officiel qui prolonge leur cauchemar.

L’affaire a refait surface à la suite de la conférence de presse organisée par l’Association marocaine des droits humains (AMDH), lundi 13 avril à Rabat. Depuis plusieurs mois, les familles ne reçoivent que des appels fragmentés et quelques messages vocaux , portant le même cri d’alerte : « Le temps presse, nous n’en pouvons plus. » Selon l’AMDH, les détenus ont entamé une grève de la faim pour protester contre la poursuite de leur détention, malgré leur acquittement.

Une promesse de travail qui tourne au cauchemar

Les six jeunes ne se connaissaient pas. Tous ont reçu, séparément, des offres de travail : électriciens, artisans, métiers manuels. Le point commun : le besoin d’un revenu stable, l’espoir d’un avenir meilleur.

D’après leurs familles, les six jeunes ont été envoyés en Somalie sans aucune connaissance du contexte du pays. Sur place, ils se sont retrouvés au cœur de tensions entre zones rivales, et en cherchant simplement à fuir le danger, ils ont été arrêtés à Puntland avant d’être accusés de terrorisme.

La procédure judiciaire a fini par démontrer le vide total du dossier. Acquittés et légalement libres, les six Marocains auraient dû rentrer chez eux. Mais leur situation est restée figée.

La Croix-Rouge, qui suit le dossier, assure « avoir complété toutes les formalités de rapatriement. Ce qui manque : des documents de voyage et une démarche officielle de l’État marocain».

La Croix-Rouge, qui suit le dossier, assure « avoir complété toutes les formalités de rapatriement. Ce qui manque : des documents de voyage et une démarche officielle de l’État marocain».

Lors du point de presse, les témoignages des familles ont dessiné un même fil de douleur et de délaissement. La sœur de l’un des détenus raconte :
« Mon frère est artisan. Il a déjà travaillé en Algérie et revenait toujours au pays. Il partait uniquement pour travailler et assurer l’avenir de ses trois enfant,il ne mérite pas tout ce qu’il a enduré»

Plus loin, Mohamed El Hmil, un père âgé de 65 ans, prend la parole d’une voix lasse :
« On lui a promis du travail. Il a laissé une femme et deux enfants. Je continue à travailler malgré mon âge pour soutenir sa famille…C’est très dur.

 Aujourd’hui, nous demandons aux autorités marocaines d’intervenir pour rapatrier  nos enfants. »

Et d’ajouter: « Si j’avais su, je ne l’aurais pas laissé partir., je préfère qu’il reste au Maroc, même avec peu. À chaque fois que je voyais ces jeunes disparaître sur les routes migratoires ou être arrêtés simplement parce qu’ils partent en quête d’un avenir meilleur, j’avais le cœur brisé.Je n’ai jamais imaginé que mon propre fils connaîtrait le même sort. Aujourd’hui, nous demandons aux autorités marocaines d’intervenir et de tout faire pour les rapatrier. »»

« l’État marocain est le seul responsable du sort de ces six jeunes et qu’il doit assumer ses obligations en agissant d’urgence».

Une autre mère les larmes aux yeux évoque à son tour le parcours de son fils :
« Il a obtenu son baccalauréat avec mention, puis s’est spécialisé en électricité. Tout ce qu’il voulait, c’était une vie meilleure. 

« Rien ne justifie leur détention, l’état doit intervenir»

Dans une déclaration à Enass, Khadija Ryadi  de l’AMDH estime que ce qui s’est produit relève d’une « erreur judiciaire ». Elle affirme qu’« aucun obstacle légal n’empêche le retour de ces six jeunes, ni du côté marocain ni du côté somalien», et rappelle que « les politiques publiques actuelles poussent de nombreux jeunes à s’exiler à la recherche d’un travail faute d’alternatives dans le pays».

« Ces jeunes sont innocents. Leur détention prolongée met en danger leur sécurité et leur vie. L’État Marocain doit assumer ses responsabilités et agir de toute urgence pour les rapatrier »

Khadija Ryadi, AMDH.

Elle souligne que la Croix-Rouge a déjà bouclé l’ensemble des démarches liées au rapatriement, « Tout est prêt. Il ne manque que les billets d’avion et le laissez-passer », dit-elle.
« Ces jeunes sont innocents. Leur détention prolongée met en danger leur sécurité et leur vie. L’État Marocain doit assumer ses responsabilités et agir de toute urgence pour les rapatrier », insiste-t-elle.

« Tout est prêt. Il ne manque que les billets d’avion et le laissez-passer »

Ryadi explique que:« l’État marocain est le seul responsable du sort de ces six jeunes et il doit assumer ses obligations en agissant d’urgence». Elle rappelle qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé, évoquant notamment la détention des militants Aziz Ghali et Abdeladim Ben Daraaoui dans les prisons de l’entité sioniste, sans intervention effective des autorités marocaines. Selon elle, cette situation n’est plus acceptable et il est temps d’agir.

Lors de la conférence de presse, l’Association marocaine des droits humains a rappelé que la justice somalienne avait prononcé leur acquittement et ordonné leur libération. Mais la décision reste lettre morte, sans documents de voyage permettant leur retour au Maroc, et en l’absence de toute démarche ou intervention officielle des autorités marocaines pour les rapatrier.

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