Migrants disparus : Ce qu’il faut retenir du rapport de l’AMSV
L’Association marocaine d’aide aux migrants en situation difficile a présenté, lors d’une conférence de presse tenue le 5 février 2026, son rapport annuel couvrant la période du 1er janvier au 31 décembre 2025.
L’Association marocaine d’aide aux migrants en situation difficile a traité 436 dossiers en une seule année.
Ce document intervient dans un contexte international marqué par l’aggravation des tragédies migratoires. Selon les estimations, plus de 70 000 personnes ont perdu la vie ou disparu sur les routes migratoires entre 2014 et 2025.
436 dossiers traités
Les estimations indiquent que plus de 70 000 personnes ont perdu la vie ou disparu sur les routes migratoires entre 2014 et …
Face à l’augmentation des drames liés aux migrations irrégulières vers l’Europe et d’autres régions du monde, la société civile intensifie ses appels pour révéler le sort des migrants disparus et garantir les droits de leurs familles. Le rapport met en lumière les actions menées par l’association pour accompagner ces familles, défendre leurs droits et plaider pour une approche humanitaire de la migration.
Durant l’année 2025, l’association a poursuivi son travail d’accompagnement juridique, administratif et psychologique au profit des familles des migrants disparus, décédés, détenus ou emprisonnés sur les routes migratoires. Elle a traité 436 dossiers, à travers des rencontres directes avec les familles, qui ont constitué des espaces de soutien, d’écoute et de sensibilisation.
L’association a également renforcé l’information et la formation des familles concernant les procédures légales et administratives liées à la recherche des disparus et au suivi des détenus. Ces actions ont concerné plusieurs pays de transit et de destination. Parallèlement, l’organisation a intensifié son plaidoyer auprès des autorités nationales, des institutions internationales, des organisations de défense des droits humains et des médias, notamment par des communiqués, des campagnes de sensibilisation et des mobilisations publiques. Elle a aussi diffusé deux guides pratiques destinés aux familles pour faciliter les démarches de recherche et les procédures judiciaires.
Les interventions menées ont permis d’obtenir plusieurs résultats concrets, notamment le retour de certains migrants auprès de leurs familles, l’accompagnement de migrants dans des pays de transit ou d’accueil, ainsi que le rapatriement de dépouilles vers leurs pays d’origine. L’association a également contribué à localiser plusieurs personnes disparues et à inscrire la question des migrants disparus dans le débat public aux niveaux national et international.
Par ailleurs, elle a mis en place des groupes de soutien pour les familles, créé une ligne téléphonique dédiée et des groupes de communication via messagerie instantanée afin de faciliter l’échange d’informations et le suivi des dossiers.
Concernant les perspectives, l’association prévoit l’élaboration d’une stratégie nationale et internationale de plaidoyer, incluant un guide d’orientation pour aider les familles dans la recherche des disparus et le suivi des détenus. Elle travaille également sur une feuille de route pour le suivi des décès liés à la migration, ainsi que sur des mécanismes de coordination et d’échange d’expertises entre acteurs du Sud et du Nord.
Revendications de l’AMSV
Le rapport souligne également la nécessité de documenter tombes inconnus de migrants dans plusieurs régions, notamment dans le sud de l’Espagne, en Italie et sur la route des Balkans, tout en appelant à renforcer la coopération internationale en matière d’identification par ADN et à créer une base de données dédiée impliquant les familles concernées.
Le rapport annuel de l’association appelle à mettre en place des couloirs humanitaires pour le rapatriement des dépouilles des victimes de la migration.
Enfin, l’association appelle à la vérité, à la justice et à la réparation pour les victimes de la migration et leurs proches. Elle demande la facilitation de visas humanitaires pour les familles de migrants détenus ou disparus, la numérisation des données relatives aux victimes, le respect des droits fondamentaux des migrants et la mise en place de couloirs humanitaires pour le rapatriement digne des dépouilles.
Le rapport met en évidence l’ampleur des défis humanitaires liés à la migration et souligne le rôle croissant de la société civile dans la défense des droits des migrants. Il rappelle que la réduction des tragédies migratoires nécessite une approche globale fondée sur le respect des droits humains, la coopération internationale et la création de voies migratoires sûres et dignes.