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Non à la guerre !

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Par ces temps guerriers, proclamer « Non à la guerre ! » au Maroc devient difficile. Que ce soit sur les places publiques ou dans l’espace médiatique, le silence s’impose. Pourtant, ces mots sont le degré zéro de l’humanité. Ils constituent le minimum vital face aux guerres impérialistes et au génocide en Palestine. Javier Bardem…

Ces deux mots “Non à la guerre !” sont pourtant le degré zéro, le minimum d’humanité à exprimer. »

Portrait salah enass

À Rabat, Tétouan ou Meknès, les rares manifestations contre l’agression israélo-américaine ont été violemment réprimées. Des coalitions hétéroclites ont été dispersées. Des citoyens ont été arrêtés pour avoir simplement exprimé leur opposition. L’État marocain n’en est pas à son premier fait d’armes. En 1991, il bâillonnait déjà les protestations contre la première guerre d’Irak. C’était l’époque ultra-sécuritaire de Hassan II et Driss Basri.

En 2004, sous Mohammed VI, les opposants subissaient le même sort malgré les espoirs de transition démocratique. L’État soutenait alors implicitement une guerre désavouée, menée par les néoconservateurs de George W. Bush. Aujourd’hui, face à l’agression menée par les USA et son proxy israélien, le Maroc réprime à nouveau. Pour se légitimer, il s’appuie sur ses faiseurs d’opinion.

L’éditocratie dominante, sponsorisée par l’État et ses alliés, crée un écran de fumée. Le débat public est travesti. Au lieu de débattre de l’illégitimité de la guerre, on invoque les relations diplomatiques entre le Maroc et l’Iran. Ce raisonnement honteux prétend que l’Iran s’oppose aux intérêts marocains sur le Sahara. Selon cette logique fallacieuse, les USA mèneraient une guerre par procuration pour le Maroc.

« Au Maroc, l’éditocratie dominante sponsorisée par l’État, les pays du Golfe ou le sionisme international crée un écran de fumée. »

L’axe Washington-Tel Aviv-Rabat est-il notre unique bouée de sauvetage ? Ce choix s’avère périlleux. Les pays du Golfe en font l’amère expérience : économie en récession et sécurité mise à mal. Cette nouvelle guerre est contraire aux intérêts nationaux du Maroc sur tous les plans. Elle grippe une économie dépendante de la demande internationale. Elle réveille le spectre de l’inflation via les prix de l’énergie. Enfin, elle isole le pays dans son environnement géopolitique.

« Le Maroc pouvait jouer une autre carte que celle de la “diplomatie transactionnelle” et de la “géopolitique de la servilité”. »

Le Maroc, malgré ses fragilités, pourrait jouer une autre carte. Il pourrait refuser la « diplomatie transactionnelle » et la « géopolitique de la servilité ». L’opposition à la guerre doit être un principe protecteur, à l’instar de l’Espagne. Mais cela exige une démocratie réelle, expression de la volonté populaire. C’est là l’essence même de l’Histoire : la démocratie ou la barbarie.

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