Santé et migration au Maroc : la Bank de Solidarité plaide pour plus de mobilisation
L’Association Bank de Solidarité (ABS) a organisé, le 26 juin à Casablanca, la 5ème édition de la Rencontre des Médecins de la Diaspora au Maroc. L’accès à la santé pour les personnes en migration était au cœur des débats.
Pour cette association casablancaise, composée de membres des diasporas subsahariennes et de professionnels de santé marocains et étrangers, l’accès aux soins des personnes migrantes à Casablanca constitue le cœur de son action. La formule de l’ABS repose sur deux piliers : la solidarité entre communautés subsahariennes et l’organisation de caravanes médicales humanitaires dans les quartiers où résident ces populations, aux statuts socioprofessionnels très divers.
Soins chers, solidarité active
Plusieurs intervenants sont revenus sur les contraintes et les défis que rencontrent les systèmes de santé dans les pays africains. Au cœur de cette discussion publique : le manque d’accès aux soins, en particulier pour les populations migrantes présentes sur le territoire national.
Gueck Beyeth, président de l’Association Bank de Solidarité, a appelé « à plus de mobilisation de la part des médecins de la diaspora en faveur des personnes en migration ». Il a rappelé que des personnes en situation de migration vivent des situations difficiles, notamment lorsqu’elles ne disposent pas de ressources financières suffisantes.
« Notre réponse, ce sont des actes de solidarité et d’humanité de la part des partenaires de l’association. »
Le président a regretté que l’aspect financier ait pris le dessus sur le volet médical : aujourd’hui, la prise en charge des personnes migrantes nécessite des frais importants. « Notre réponse, ce sont des actes de solidarité et d’humanité de la part des partenaires de l’association, notamment les médecins privés, les cliniques et les laboratoires d’analyses biomédicales, que nous tenons à remercier pour leur engagement », a-t-il précisé.
Il a conclu en soulignant que l’association, riche de ses partenariats, ne dispose toutefois pas des moyens financiers suffisants pour répondre à la forte demande.
La santé, facteur de mobilité et d’inégalité
La santé devient aujourd’hui un facteur d’émigration à l’échelle mondiale, y compris sur le continent africain.
Pour sa part, le journaliste et expert en migration Hassan Bentaleb a insisté sur le fait qu’aujourd’hui, la santé devient un facteur d’émigration à l’échelle mondiale, y compris sur le continent africain.
« L’accès à la santé pousse différentes populations à franchir des frontières internationales à la recherche de soins médicaux non disponibles ou trop coûteux dans leur pays d’origine », a-t-il ajouté. Selon lui, le facteur santé est aussi un facteur d’inégalité : certaines populations migrantes accèdent sans difficulté aux soins à l’étranger, tandis que d’autres rencontrent d’importants obstacles pour en bénéficier.
Le journaliste a conclu son propos par un appel à prendre en compte la santé comme l’un des facteurs qui motivent les mobilités humaines vers le continent, ce qui nécessiterait une révision des politiques publiques en matière d’immigration destinées aux personnes migrantes installées ou de passage au Maroc.
160 médecins de la diaspora subsaharienne, issus de 16 nationalités, aux avant-postes de la solidarité médicale à Casablanca.
Pour rappel, selon les données de l’ABS, les médecins de la diaspora subsaharienne représentent 160 professionnels de santé issus de 16 nationalités, dont une majorité de spécialistes en formation au niveau des CHU du royaume. Ce sont eux qui constituent les chevilles ouvrières des actions humanitaires menées par l’association.
Fondée à Casablanca, l’Association Bank de Solidarité (ABS) rassemble des membres des diasporas subsahariennes ainsi que des professionnels de santé marocains et étrangers. Son action s’articule autour de deux axes complémentaires : la solidarité communautaire entre populations subsahariennes et l’organisation de caravanes médicales humanitaires dans les quartiers de résidence de ces communautés.