Sebta 2026 : Mohammed VI se prononce sur l’immigration et la jeunesse

C’est une première ! le roi Mohammed VI exprime ses positions au sujet des évènements tragiques de Sebta 2026. Il fait le diagnostic de la gestion migratoire et propose un nouveau modèle de coopération avec l’Europe et appelle à faire de la jeunesse « la priorité ». Les détails.
Dans son discours prononcé vendredi 9 octobre, à l’occasion de l’ouverture de la première session de la première année législative, le roi Mohammed VI a consacré un passage marquant à la migration.
Volonté de rapatrier les mineurs !
Il commence par un satisfecit : le Royaume a pu « conforter sa position à l’international, en tant que partenaire responsable, fiable, soucieux d’honorer ses engagements ». L’approche « équilibrée » adoptée face au phénomène migratoire « a abouti à des résultats concrets ».
« Le modèle actuel de coopération a atteint ses limites, comme en attestent clairement les crises récurrentes »
Puis le ton change. Le souverain appelle à « reconnaître, avec courage et objectivité qu’en la matière, le modèle actuel de coopération a atteint ses limites, comme en attestent clairement les crises récurrentes ». Et la même analyse, précise-t-il, « est valable pour notre voisine, l’Espagne ». Ces formules résonnent avec la crise de Seba de fin juillet, même si l’extrait consacré à la migration ne la nomme pas directement.
Madrid en ligne de mire, un partenariat « souverain »
Avec Madrid, le partenariat a « connu d’importantes avancées », y compris contre « l’immigration irrégulière ». Mais cette coopération « se heurte aujourd’hui à des défis majeurs, liés à certaines dispositions légales dépassées et à des décisions judiciaires éloignées de la réalité ». Un « attelage » qui, selon le roi, « entrave le rapatriement des mineurs et des personnes usurpant le statut de réfugié, et aiguise l’appétit des réseaux criminels ».
« Un choix souverain et un engagement volontaire, qui ne saurait faire l’objet d’aucune pression ou menace, ni d’aucun chantage »
Le souverain dénonce aussi les « déclarations irresponsables de certains milieux politiques et médiatiques » et affirme que le partenariat est « un choix souverain et un engagement volontaire, qui ne saurait faire l’objet d’aucune pression ou menace, ni d’aucun chantage ».
Rabat promet de présenter à ses partenaires un document exposant « une vision stratégique, claire et pratique, porteuse d’une orientation nouvelle visant à promouvoir le co-développement, la compétitivité économique et la stabilité régionale ».
« Egalité des chances » pour la jeunesse
En lien avec la crise de juillet 2026, le souverain marocain fait part de sa volonté pour la jeunesse marocaine. Le discours demande de la placer « en tête des politiques publiques et des préoccupations des instances de gouvernance », au sein d’une « vision intégrée garantissant l’égalité des chances et couvrant l’éducation, la qualification et l’insertion économique », afin que les jeunes aient « davantage foi dans les institutions de leur pays ».
Pour rappel, après des appels diffusés sur les réseaux sociaux, des milliers de personnes se sont rassemblées sur les plages de Fnideq les 29 et 30 juillet. 60 000 à 70 000 personnes en grande majorité des Marocains ont traversé vers Sebta. C’était l’afflux le plus important depuis 2021, quand plus de 10 000 personnes avaient franchi la frontière en deux jours. A l’origine de ces faits, le 8 juillet, la Cour suprême espagnole avait interdit les refoulements immédiats des migrants arrivés par la mer. Pedro Sánchez a imputé la situation aux réseaux de trafic, qui auraient mal interprété cet arrêt. Les opérations de retour des personnes entrées illégalement, convenues entre Rabat et Madrid, ont débuté jeudi et se sont poursuivies le 31 juillet. À Madrid, la droite a accusé le Premier ministre d’avoir laissé la situation atteindre des proportions de crise.
Crédit Photo: MAP Maroc, octobre 2026.









