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Près de Casablanca, une ouvrière ivoirienne meurt, sans secours

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Affoue Florence Kouassi, ouvrière ivoirienne non déclarée, est décédée le 3 novembre dans l’usine où elle travaillait depuis cinq ans, détenue par des investisseurs chinois. Son mari, accuse l’employeur de ne pas lui avoir porté assistance et a saisi la justice. Récit.

Cyrille Martial Koua est un homme effondré et meurtri. Pourtant, dit-il, le drame ne l’abat pas. Mardi 3 novembre, vers 19h, il reçoit un appel : son épouse, Affoue Florence Kouassi (39 ans), vient de « faire une crise » au sein de l’usine située à Had Soualem (Province de Berrechid). Il se trouve alors loin des lieux et ne peut pas la rejoindre immédiatement.

« Non-assistance à personne en danger » 

« Quand une personne fait une crise, tombe malade sur son lieu de travail, l’entreprise est censée appeler une ambulance et lui porter assistance ». 

Selon lui, aucun secours n’a été appelé. « Quand une personne fait une crise, tombe malade sur son lieu de travail, l’entreprise est censée appeler une ambulance et lui porter assistance. Or son employeur l’a laissée suffoquer. Elle a rendu l’âme au sein de l’entreprise », affirme-t-il. Le corps a ensuite été sorti et déposé sur un carton, devant le siège de l’entreprise. « Le comble », dit-il.

« Or son employeur l’a laissée suffoquer. Elle a rendu l’âme au sein de l’entreprise ». 

À son arrivée, il trouve son épouse allongée au sol, entourée de quelques collègues. Ils la transportent à l’hôpital, où le médecin des urgences leur apprend qu’elle était déjà décédée.

Affoue Florence travaillait dans cette usine depuis cinq ans. D’après son mari, elle n’était pas déclarée à la CNSS et ne disposait d’aucun document de travail. Il décrit des conditions de travail « minables », des salaires du même ordre, et des ouvriers payés à la pièce. Selon le mari de la défunte, cette entreprise n’affiche pas de nom ou d’enseigne officielle et l’usine fabrique des chaussures. 

Le corps a ensuite été sorti et déposé sur un carton, devant le siège de l’entreprise. 

Cyrille Martial Koua est arrivé au Maroc en 2017, il dirige une entreprise d’import-export. Le couple a une fille. 

Il a fait une déclaration auprès de la Gendarmerie royale et annonce qu’il déposera plainte, avec le soutien de l’association « Droits et Justice ». Il appelle les autorités à enquêter sur ce qu’il qualifie d’« acte délibéré de non-assistance à une personne en danger ». « Si ces employeurs avaient fait le minimum nécessaire, elle ne serait pas aujourd’hui à la morgue », dit-il. Et d’ajouter : « J’ai foi en la justice marocaine pour que justice soit rendue. »

Des travailleurs étrangers sans protection

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Le décès d’Affoue Florence Kouassi met aussi en lumière les conditions de travail difficiles des travailleurs étrangers au Maroc, notamment dans l’agriculture, le bâtiment, la restauration et l’industrie. Malgré leur poids économique, beaucoup restent non déclarés à la CNSS et sans protection sociale.

Les Ivoiriens forment la deuxième communauté étrangère résidente du pays : 25 600 personnes, soit 17 % des étrangers, selon les données du HCP. La défunte illustre la féminisation de cette migration, particulièrement marquée chez les ressortissantes ivoiriennes et philippines. Elle s’explique en grande partie par des emplois accessibles surtout aux femmes, dans les services à la personne : garde d’enfants, assistance aux personnes âgées ou malades, travaux domestiques.

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