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SûrMaRoute présente son bilan

Surmaroute 1

Le projet européen “SûrMaRoute”, mené au Maroc et en Tunisie, avait pour objectif de « sensibiliser aux risques de l’immigration irrégulière et de promouvoir les voies légales de migration ». Après deux ans d’action, l’heure au bilan.

Ce projet, porté par des organisations italiennes et espagnoles basées au Maroc et en Tunisie, reflète les priorités actuelles de la Commission européenne (CE). Financé directement par la Direction générale des migrations et des affaires intérieures de juin 2023 à juin 2025, le projet visait à développer une campagne de sensibilisation pour offrir aux jeunes étudiant·e·s subsaharien·ne·s, migrant·e·s potentiel·le·s et en transit la possibilité de concevoir un parcours de vie alternatif (Route), personnalisé (Ma) et sûr (Sûr). C’est ce qu’indique ProgettoMondo, une ONG italienne basée au Maroc (Béni Mellal).

Le projet a été mené par un consortium d’ONG comprenant également le Centro Informazione e Educazione allo Sviluppo ONLUS (CIES), le Fonds Andalou des Municipalités pour la Solidarité Internationale (FAMSI) et Migration, Citoyenneté, Développement (GRDR). Le 16 septembre dernier, ces organisations ont présenté le bilan de leurs actions menées dans les deux pays.

Bilan quantitatif

Des experts, chercheurs, acteurs institutionnels et partenaires associatifs se sont réunis à Rabat pour présenter les résultats du projet, partager les acquis et ouvrir la réflexion sur de nouvelles perspectives, comme se félicite ProgettoMondo.

Sur le plan quantitatif, le nombre de bénéficiaires au Maroc a atteint 614 personnes dans les trois zones concernées l’immigration irrégulière. 

Sur le plan quantitatif, le nombre de bénéficiaires au Maroc a atteint 614 personnes dans les trois zones concernées par le Hrig (immigration irrégulière) des jeunes marocains et subsahariens : Tanger-Tétouan-Al Hoceima (357), Béni Mellal-Khénifra (230) et l’Oriental (27). Dans ce volet du programme, les ressortissants de pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale étaient les plus représentés (Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Soudan du Sud, etc.). Le programme a aussi soutenu des ressortissants syriens (26 personnes), yéménites (5 personnes) et palestiniens (2 personnes).

Les motivations principales de la migration de ces jeunes sont en grande majorité économiques (73%), suivies par des raisons politiques (14%), culturelles (10%) et éducatives (3%).

Les motivations principales de la migration de ces jeunes sont en grande majorité économiques (73%), suivies par des raisons politiques (14%), culturelles (10%) et éducatives (3%).

La campagne d’information et de sensibilisation a également ciblé les mineurs non accompagnés pour faciliter leur accès à l’éducation. 

La campagne d’information et de sensibilisation a également ciblé les mineurs non accompagnés pour faciliter leur accès à l’éducation. Au total, 53 enfants ont été accompagnés, dont 57% de filles. Ces enfants venaient principalement du Nigéria (38%), du Cameroun (17%), de Guinée Conakry (15%) et de Côte d’Ivoire (13%).

Application et écrits littéraire 

La campagne a mis en place une action de sensibilisation visant à aborder les risques de la migration irrégulière en fournissant aux individus qui aspirent à émigrer, hommes et femmes, des informations et des opportunités égales pour prendre des décisions éclairées sur des alternatives personnelles en Tunisie et au Maroc, explique SûrMaRoute.

Pour y parvenir, les organisations ont développé une panoplie d’outils : une application mobile, une étude sur les aspirations des migrants (15 personnes interrogées dans les deux pays), un podcast, des clubs de lecture et d’écriture, du théâtre, etc. Il est à noter le livret “Bghit Bladi” qui rassemble des nouvelles écrites par des participantes aux ateliers d’écriture. Les écrivaines en herbe abordent de front la question de l’immigration et du Hrig, en utilisant la littérature.

Quel impact réel ? 

Ces actions sont louables, en particulier dans un contexte où l’immigration irrégulière se présente comme l’ultime solution pour une jeunesse africaine confrontée à une crise économique et sociale. Les jeunes Tunisiens et Marocains représentent, avec les Algériens, les contingents les plus importants de Haragas (migrants irréguliers). L’efficacité et l’impact de ce type de projets, qui sont politiquement orientés sur les priorités de l’UE et de sa DG Home & Migration, demeurent discutables. Cette même direction européenne est d’ailleurs ouvertement critiquée pour ses politiques extrêmement restrictives en matière de liberté de circulation.

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