Travailleuses étrangères : Des réseaux de trafic en toute impunité 

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L’Association pour la promotion de l’intégration des migrants au Maroc (APIMA) tire la sonnette d’alarme sur la situation des travailleurs domestiques étrangers au Maroc. Les détails. 

Ces travailleuses sont victimes d’une exploitation des intermédiaires. 

Ces travailleurs, ou précisément travailleuses domestiques étrangères sont victimes d’une double arnaque, des intermédiaires qui les recrutent depuis des pays de l’Afrique de l’Ouest vers le Maroc. « Ils leur font miroiter un bon salaire et une possibilité d’arriver facilement en Europe », explique APIMA dans sa note de synthèse à la suite de sa mission de terrain à Casablanca et Rabat auprès de ces travailleuses. A leur arrivée au Maroc, ces travailleuses sont victimes d’une exploitation des intermédiaires qui leur soutirent la majorité de leurs salaires, sous prétexte de payer leurs frais de billets d’avion. Face à ces pratiques et l’absence de respect de la législation de travail au Maroc, APIMA a lancé cette mission préliminaire pour recueillir les difficultés subites par cette population et pour ensuite sensibiliser les travailleurs sur leurs droits et leurs obligations au Maroc. 

Ce séminaire fait partie du Projet « Protection, Résilience, Migrations », financé par l’Union Européenne (UE) au Maroc et mis en œuvre par un consortium auquel Oxfam au Maroc y contribue. 

Recommandations

« L’emploi des migrants constitue un élément clé dans le processus d’intégration essentiel à leur participation active au sein de leur société d’accueil », explique dans son mot d’ouverture, Franck Lyanga, président d’APIMA. 

Et d’ajouter : « Les migrants sont désormais présents dans plusieurs secteurs de l’économie, mais il existe une catégorie des plus vulnérables. Il s’agit de travailleuses domestiques qui travaillent dans la majorité des cas dans des conditions non conformes à la législation du travail alors que depuis le 2 octobre 2018 la loi de 19 12 fixant les conditions de l’emploi et de travail des travailleuses domestiques est entré en vigueur », rappelle-t-il. 

Le constat d’APIMA est sans appel : « Malheureusement, et en dépit de l’existence de cette loi, des travailleuses domestiques migrantes continuent à être exploitées et marginalisées. Elles travaillent dans la majorité sans protection sociale. Pire, elles sont victimes de plusieurs sortes d’exactions sur leur lieu de travail ». vEn l’absence de données chiffrés, APIMA s’appuie sur des récits et témoignages d’expériences professionnelles qui ont tourné à la séquestration, confiscation des documents d’identité, retenues sur salaires, violences verbales ou physiques, etc.

Ces constats ne sont pas nouveaux mais plutôt récurrents, Ils reviennent depuis plus d’une décennie à chaque nouveau rapport sur la situation des travailleurs migrants. Le changement significatif est la présence accrue des travailleuses domestiques sur le marché du travail marocain, avec l’installation de réseaux de trafic d’êtres humains, comme le signalent les acteurs de la société civile. « Nous sommes devant à un système d’exploitation bien rôdé ». Face à ce nouveau contexte, APIMA adresse six recommandations à différents acteurs. 

APIMA appelle à « mettre fin à l’impunité des employeurs.

« Nous appelons à l’application de la loi marocaine sur le travail domestique pour assurer la protection sociale et l’accès au contrat de travail pour tous les travailleurs », plaide APIMA. L’association appelle à « mettre fin à l’impunité des employeurs face à la justice, à démanteler les réseaux de trafic d’êtres humains et les agences de recrutements fictifs, à mobiliser les représentations consulaires dans ces efforts, et lancer une dynamique régionale pour le suivi du travail domestique en prévoyant un renforcement des capacités actrices de la société civile ainsi que d’augmenter le SMIG du travail domestique comme le prévoit la loi pour que ce dernier soit en adéquation avec les révisions qu’a connu le SMIG national ». 

Dans son plaidoyer, APIMA s’appuie sur une stratégie d’influence en vue de l’amélioration des conditions de travail des travailleurs migrants à savoir la Convention internationale sur la protection des travailleurs migrants et leurs familles, les conventions de l’OIT n°20 et n°43 et les ODD 8 et 10.

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