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Graines d’Afrique

Grand pere ouidi Sahel couv

Dernière née du paysage éditorial marocain, Africamoude a fait ses premiers pas la semaine dernière au Salon international du livre et de l’édition jeunesse de Casablanca. Aperçu des deux premiers titres.

Rabiaa Marhouch et Dominique Nouiga ont à cœur de mettre en avant la littérature africaine. Africamoude, contraction d’Africa et d’Amoude, les graines en amazighe, « renvoie aux graines de pensée qui font livres, aux graines de mots qui donnent phrases, aux graines du savoir qui rendent compte de nos cultures riches de leurs héritages séculaires ». Elles se sont ainsi choisi sept arbres pour symboliser les différentes collections qu’elles projettent de lancer : le Jacaranda pour les beaux livres, le Flamboyant pour les fictions contemporaines, le Baobab pour les classiques africains, le Jujubier pour les traductions, l’Arganier pour les questions d’écologie, le Fromager pour les essais et biographies, et le délicat Dragonnier pour la jeunesse. Avec une devise : « Notre ancrage est africain, l’universel est notre horizon et notre destination. » Et une belle attention à la nature.

Shéhérazade est un grand-père

Avec Grand-père Ouidi, affectueusement surnommé « Soleil noir », les histoires « éclairent la nuit en même temps qu’elle nous illuminent ». Eugène Ébodé retrace en neuf contes facétieux le lien fondamental qui nous fait appartenir « à la même chaîne humaine » : l’amour des histoires. Il nous emmène partout. À Bamako, où l’âne Patchouli, le sage, défie le puissant Cheikh Diawara. De village en village, là où il faut faire appel au pluviateur, et où les chèvres doivent faire preuve de ruse pour se débarrasser de petits chenapans. On y célèbre la fête de la papaye, on y chasse de terribles guépards… Des histoires où les hommes ressemblent beaucoup aux animaux et les animaux aux hommes, comme ce zèbre qui, mécontent de ses zébrures, rêve d’être un lapin. Eugène Ébodé est écrivain administrateur de la Chaire des littératures et des arts africains de l’Académie du Royaume du Maroc, livre ici un joli recueil plein de sagesse et de légèreté.

Voyage autour d’un monde agité

Lorsque Riha, son amie la cigogne, disparaît, Aya part à sa recherche, emmenée par un génie à longue barbe. Dans ce voyage extraordinaire, elle découvre un monde qui n’est pas en très bon état car la pollution sévit, la nature se déchaîne, et hommes et oiseaux sont ballotés par le vent et les flots. « On ne peut rien contre la colère de la nature, mais quelquefois les hommes y sont pour quelque chose », explique le génie. Entre rêve et réalité, le récit de Dominique Nouiga aborde à la fois la crise climatique et ses conséquences sur les êtres vivants. Il est très bien servi par les gracieuses illustrations signées Rita G. Riverra.

Et vous, vous lisez quoi ?

Kenza Sefrioui

Grand-père Ouidi au Sahel
Eugène Ébodé
Africamoude, collection Dragonnier, 78 p., 70 DH

Va où le vent te mène
Dominique Nouiga et Rita G. Riverra
Africamoude, 34 p., 130 DH

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