Préscolaire : « la précarité » et « le statut flou » raisons de la colère des éducatrices

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La situation sociale des éducateurs et éducatrices du préscolaire public au Maroc est caractérisée par une grande précarité. Un syndicat de ce personnel de l’éducation a manifesté sa colère à Tanger. Reportage.

« Non à la précarité », « Non à l’intermédiation dans le travail », « Oui à l’intégration dans la fonction publique », étaient parmi les slogans portés par les éducatrices du préscolaire de Tanger. Devant le siège de l’Académie de l’Education à Tanger, des éducateurs et éducatrices du préscolaire public de la ville de Tanger ont manifesté leur désarroi et désapprobation de la gestion de leur dossier social et professionnel. Le 14 juillet dernier, elles ont exprimé un ras-le-bol vis-à-vis de leur situation « précaire ». L’ajout d’un examen d’aptitude professionnelle c’est la goutte qui fait déborder le vase.    

« L’intégration à la fonction publique »

« Nos salaires sont déjà ridicules et nous sommes obligées de payer de notre poche les frais de déplacement et d’hébergement, c’est une chose que nous refusons ».


« Nous refusons cet examen d’aptitude professionnel, nous avons déjà fait 950 heures de formations marquées par des examens partiaux, le tout même durant la période de l’été », conteste Saliha Belmahi, SG du Syndicat UMT des éducatrices et éducateurs du préscolaire. Et d’ajouter : « Maintenant, on nous demande de se déplacer à une autre ville pour passer cet examen, or nos salaires sont déjà ridicules et nous sommes obligées de payer de notre poche les frais de déplacement et d’hébergement, c’est une chose que nous refusons ». 

« Il faut être mobilisé, nous revendiquons nos droits et l’intégration dans la fonction publique »

Comme le confirme plusieurs rapports associatifs et syndicaux, es professionnels, majoritairement des femmes, font face à des conditions de travail souvent difficiles, des salaires dérisoires et une absence de stabilité professionnelle. Elles travaillent officiellement pour des ONG ou des fondations mais officient au sein d’établissements et d’écoles publiques. « Il faut être mobilisé, nous revendiquons nos droits et l’intégration dans la fonction publique », poursuit Rajaâ Sbai, éducatrice de préscolaire et membre du syndicat UMT. 

Plusieurs éducatrices rencontrées affirment avoir fait des accidents de travail et poursuivent en justice leurs employeurs.  

Conditions de travail du préscolaire

Le secteur du préscolaire public est principalement géré par la Fondation Marocaine pour la Promotion de l’Enseignement Préscolaire (FMPS), une association à but non lucratif. Bien que cette gestion ait permis une expansion significative de l’offre préscolaire, elle a aussi engendré une situation de précarité pour les éducateurs. 

Les salaires des éducateurs et éducatrices de la FMPS sont souvent proches du salaire minimum légal, ce qui est considéré comme insuffisant par les professionnels du secteur. La majorité d’entre eux travaillent sous contrat précaire, ce qui rend leur situation professionnelle très instable et peut affecter leur moral et leur engagement à long terme. Des efforts sont faits pour améliorer la formation initiale et continue des éducateurs, mais leur mise en pratique sur le terrain reste inégale. La FMPS a notamment augmenté la durée de la formation initiale pour renforcer les compétences pédagogiques.

Les statistiques disponibles, bien que parfois datées, illustrent les défis auxquels le secteur est confronté. Le nombre d’éducateurs recrutés a connu une évolution négative entre 2014 et 2021, passant de 39 535 à 35 901. Cependant, le nombre d’élèves bénéficiant du préscolaire a augmenté dans la même période, passant de 735 582 à 875 313. Le taux de scolarisation au préscolaire est en augmentation et a dépassé les 78% pour l’année scolaire 2023-2024. Ces statistiques montrent un effort pour généraliser l’accès au préscolaire, mais mettent en lumière la problématique de l’encadrement et des conditions de travail des éducateurs, qui est cruciale pour garantir la qualité de l’éducation.

PS : La deuxième partie de cet article a été rédigé avec l’assistance de l’IA génératrice « Gemini ». 

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