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Flâner en médina

Médina

Les éditions Bouillon de Culture invitent à une promenade architecturale dans les ruelles de l’ancienne médina de Rabat.

Les éditions Bouillon de Culture invitent à une promenade architecturale dans les ruelles de l’ancienne médina de Rabat.

Après l’imposant Parcours amoureux de Rabat, la capitale s’invite dans la collection Découverte, dans un format plus léger et plus transportable. Deux rbaties d’adoption, Karine Hazera et Emmanuelle Peckre, se sont attelées à partager leur culture architecturale et leur goût à la fois de la contemplation esthétique et de la transmission. Leur objet : l’ancienne médina, donc une petite partie de ce qui est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2012. Leur méthode : un récit succinct et surtout le croquis et la photo. En deux volumes, proposés ensemble, elles retracent l’histoire de la ville dans son développement sur son site, en vis-à-vis de Salé et en surplombant l’embouchure du Bouregreg, et invitent à en découvrir les finesses.

Balade patrimoniale

Emmanuelle Peckre et Karine Hazera

En préface, l’écrivaine et professeure d’architecture Salima S. El Mandjra s’attache à débusquer les clichés : une médina serait une ville immuable, Rabat tournerait le dos à la mer. Elle souligne au contraire « le dialogue périodique avec son environnement » et surtout le caractère en mouvement de la ville et « la résonance du bâti avec les valeurs socioculturelles de la population ». Bref, flâner, nous avertissent les autrices, ce n’est pas seulement pour regarder des murs, mais des gens. Car « à chaque époque, c’est l’espace qui se conforme aux aspirations des habitants et non l’inverse ». La ville est donc un miroir des savoir-faire, des modes de vie et de « la vibration du vécu ».

La promenade commence en identifiant les parcs, celui de Nouzhat Hassan avec ses très beaux dragonniers, et les points de verdure de la médina. On suit ensuite les portes et les murailles, on liste les usages de la ville, on piste les noms portugais, espagnols et français, les noms de saints et de grandes familles, on s’imprègne des odeurs et on guette les sons d’une ville vivante, où l’on fait le pain, où les murs s’ornent de peintures. Les autrices consacrent toute une partie aux éléments architecturaux, inscrivant leur travail dans le sillage des relevés réalisés à l’époque coloniale et inventoriant les motifs des portes, heurtoirs, clefs de voûte, auvents, échauguettes, mouqarnas et autres ornements calligraphiques, géométriques ou à rinceaux.

Le second volume propose quatre circuits d’une heure à une heure et demi, accessibles aux enfants comme aux adultes, pour explorer la médina à partir du boulevard Laâlou, à partir de la place des Oudaïas le long de la rue des Consuls, à partir de la rue Souiqa et à partir de la rue Sidi Fateh, selon les ambiances dont on souhaite s’imprégner. Chaque promenade est conçue comme un jeu de piste avec des éléments à identifier et à admirer tout au long du parcours. Ce joli double volume donne des clefs de compréhension non seulement de Rabat, mais d’autres médinas du Maroc.

Et vous, vous lisez quoi ?

Kenza Sefrioui

Regard sur la médina de Rabat
Karine Hazera et Emmanuelle Peckre
176 p.

4 parcours dans la médina de Rabat
Karine Hazera et Emmanuelle Peckre
140 p.

Bouillon de culture, 400 DH

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