Berrada : « El Youssoufi et la non-alternance »

En partenariat avec la maison d’édition En Toutes Lettres, ENASS.ma publie en exclusivité les bonnes feuilles du livre posthume de Maitre Abderrahim Berrada intitulé : « Abderrahim Berrada – Paroles libres pour l’Histoire ». Dans cet extrait, il livre son regard sur l’expérience de l’Alternance.
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« J’ai toujours pensé – et je ne vois pas d’autre façon de penser les choses correctement – que lorsqu’on a des principes, on se bat pour les faire respecter, même si on doit le payer cher. Dans ces conditions, Youssoufi avait le devoir de défendre les droits de Serfaty auprès de Hassan II. En réalité, avant d’accepter d’être Premier ministre, il aurait dû poser un certain nombre de conditions préalables. Les problèmes de droits humains, accumulés depuis près de quarante ans, devaient être tous immédiatement réglés ».
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« Il aurait dû dire au roi, en substance : “Nous avons à résoudre des questions très importantes : le travail pour tous, l’éducation pour tous les enfants, la santé pour tous les malades, etc. Certes, cela prendra un certain temps et demandera des moyens financiers considérables. Par contre, les questions de droits de l’Homme, il est de notre devoir de les résoudre immédiatement et cela ne nous coûtera pas un centime. Leur règlement me donnera de la crédibilité, en tant que Premier ministre de gauche, pour agir. Cela servira en même temps, et surtout, la monarchie. En effet, les gens diront qu’il y a vraiment une alternance dans la mesure où Hassan II tourne la page des années de plomb. C’est lui-même qui fait sa propre alternance. On passe à un autre État, à un autre monarque, un monarque démocrate qui a fait sa révision déchirante.”
Ce discours tenu par Abderrahman Youssoufi à Hassan II aurait signifié une vraie révolution politique. Une révolution silencieuse et pacifique. »
NB : Les titres et accroches sont de la rédaction de ENASS.ma
Abderrahim Berrada – Paroles libres pour l’Histoire
Propos recueillis par Didier Folléas
Préfaces de Me Henri Leclerc et Me Abderrahim Jamaï
Prix public Maroc : 150 DH
Dans les librairies à partir de 10 décembre









