Berrada : « El Youssoufi et la non-alternance »

Couverture du livre (1)

En partenariat avec la maison d’édition En Toutes Lettres, ENASS.ma publie en exclusivité les bonnes feuilles du livre posthume de Maitre Abderrahim Berrada intitulé : « Abderrahim Berrada – Paroles libres pour l’Histoire ». Dans cet extrait, il livre son regard sur l’expérience de l’Alternance.

[…]

« J’ai toujours pensé – et je ne vois pas d’autre façon de penser les choses correctement – que lorsqu’on a des principes, on se bat pour les faire respecter, même si on doit le payer cher. Dans ces conditions, Youssoufi avait le devoir de défendre les droits de Serfaty auprès de Hassan II. En réalité, avant d’accepter d’être Premier ministre, il aurait dû poser un certain nombre de conditions préalables. Les problèmes de droits humains, accumulés depuis près de quarante ans, devaient être tous immédiatement réglés ». 

A lire aussi : L’Etat de droit, l’autoritarisme et les avocats 

« Il aurait dû dire au roi, en substance : “Nous avons à résoudre des questions très importantes : le travail pour tous, l’éducation pour tous les enfants, la santé pour tous les malades, etc. Certes, cela prendra un certain temps et demandera des moyens financiers considérables. Par contre, les questions de droits de l’Homme, il est de notre devoir de les résoudre immédiatement et cela ne nous coûtera pas un centime. Leur règlement me donnera de la crédibilité, en tant que Premier ministre de gauche, pour agir. Cela servira en même temps, et surtout, la monarchie. En effet, les gens diront qu’il y a vraiment une alternance dans la mesure où Hassan II tourne la page des années de plomb. C’est lui-même qui fait sa propre alternance. On passe à un autre État, à un autre monarque, un monarque démocrate qui a fait sa révision déchirante.”
Ce discours tenu par Abderrahman Youssoufi à Hassan II aurait signifié une vraie révolution politique. Une révolution silencieuse et pacifique. »

NB : Les titres et accroches sont de la rédaction de ENASS.ma

Abderrahim Berrada – Paroles libres pour l’Histoire

Propos recueillis par Didier Folléas

Préfaces de Me Henri Leclerc et Me Abderrahim Jamaï

Prix public Maroc : 150 DH

Dans les librairies à partir de 10 décembre 

À Lire aussi
  • Le livre du cordon

    Prix du roman Marie Claire 2026 et en lice pour le prix de la littérature arabe, le dernier roman de Samira El Ayachi explore avec finesse la complexité de la relation mère-fille.

    Madame Bovary, ma mère et moi Samira El Ayachi
  • Législatives 2026 : Soupçons de fraude à Tanger, Tiflet et Berrechid. 

    Dès l’ouverture des bureaux, le 23 septembre, images et signalements ont nourri les soupçons de fraude : un vote suspendu à Tanger, des saisines des autorités à Tiflet et Berrechid. Les images ont choqué les réseaux sociaux dès la matinée : un sac noir bourré de bulletins estampillés au logo du Parti authenticité et modernité…

    Actualités

  • Pourquoi je refuse de laisser ma génération abandonner les urnes

    Les chiffres ne mentent pas : la Gen Z marocaine est loin des urnes. Elle est pourtant partout ailleurs : sur les réseaux sociaux, dans les débats, dans les mobilisations. Mais lorsqu’il faut glisser un bulletin dans une urne, beaucoup disparaissent. Je comprends la défiance. Après des années de promesses oubliées et de responsables politiques…

    Tribunes

  • Inscrivez-vous à la Newsletter des Sans Voix 


    Contre l’info-obésité, la Newsletter des Sans Voix