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Boudrika, le Malade imaginaire?

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Que ce soit le bourgeois hypocondriaque de Molière ou le député marocain en fuite, tous deux semblent happés par une logique absurde, sacrifiant la raison et le sens des responsabilités sur l’autel de leurs propres illusions.Tribune.

Par Youssef CHAOUI
Membre du bureau politique du parti de la Fédération de la Gauche Démocratique (FGD) 

Lorsque l’on évoque les chefs-d’œuvre de la littérature dramatique française, le nom de Molière s’impose inévitablement. Parmi ses pièces les plus célébrées, “Le Malade imaginaire” occupe une place de choix, offrant une satire grinçante de l’hypocondrie et de l’obsession pathologique pour la maladie.

Dresser un parallèle entre cette comédie moliéresque et l’affaire politico-judiciaire du parlementaire de ma circonscription bien aimée d’Al Fida-Mers Sultan, Mohamed Boudrika. 

Or, il est tentant de dresser un parallèle entre cette comédie moliéresque et l’affaire politico-judiciaire du parlementaire de ma circonscription bien aimée d’Al Fida-Mers Sultan, Mohamed Boudrika, qui a récemment fait couler beaucoup d’encre.

Dans “Le Malade imaginaire”, le personnage central, Argan, est un bourgeois aisé qui se convainc, malgré l’absence de tout symptôme tangible, d’être constamment souffrant. Hanté par cette crainte irrationnelle de la maladie, il se plonge avec zèle dans des traitements médicaux absurdes, négligeant ses véritables responsabilités au profit de cette quête désespérée de la guérison. Ses dépenses extravagantes en potions et remèdes, ainsi que sa docilité face aux prescriptions fantasques des médecins, deviennent la source d’un comique grinçant, soulignant les travers de la nature humaine.

De façon analogue, l’affaire Boudrika met en scène un protagoniste tout aussi fantasque, en la personne d’un député parlementaire marocain, aux casquettes multiples et poursuivis dans plusieurs affaires par la justice marocaine, et plutôt que d’affronter cette dernière et se défendre, ce dernier a choisi la fuite, s’exilant hors du pays pour échapper aux poursuites. Cette décision, empreinte d’un déni flagrant des responsabilités, n’est pas sans rappeler les stratégies d’évitement d’Argan, qui préfère se réfugier dans un monde irréel plutôt que de faire face à la réalité.

Les deux situations, bien que relevant de registres différents, fiction théâtrale pour l’un, fait divers politico-judiciaire pour l’autre, partagent une même dynamique comique, mettant en lumière les travers de l’ego et de l’orgueil humains. Que ce soit le bourgeois hypocondriaque de Molière ou le député marocain en fuite, tous deux semblent happés par une logique absurde, sacrifiant la raison et le sens des responsabilités sur l’autel de leurs propres illusions.

L’affaire Boudrika n’est pas une simple comédie, mais bien un épisode politique grave, aux implications sérieuses sur la crédibilité de nos institutions.

Toutefois, il convient de garder à l’esprit que l’affaire Boudrikan’est pas une simple comédie, mais bien un épisode politique grave, aux implications sérieuses sur la crédibilité de nos institutions. Si les parallèles avec l’œuvre de Molière permettent de souligner le côté rocambolesque de la situation, ils ne sauraient en aucun cas minimiser la portée et les conséquences réelles de cette affaire.

Disclaimer : Les avis exprimés dans la rubrique « Tribune » ne représentent pas nécessairement les opinions du média ENASS.ma

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