CAN 2025 : ONG, activistes et chercheurs se mobilisent pour les droits des migrant-e-s

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Chercheurs, activistes, journalistes et ONG de défense de droits des migrants se mobilisent pour une campagne intitulée « ”CAN yama CAN, le droit des personnes migrantes au Maroc ?”. Le Manifeste a été signé par une dizaine d’associations et une vingtaine de personnes. Cette mobilisation fait suite à la publication du rapport sur la criminalisation…

CAN 2025 : Le respect des droits des personnes migrant.e.s au Maroc ? 

Nous, organisations de la société civile, défenseurs et défenseuses des droits humains, appelons solennellement l’État marocain à respecter pleinement les droits fondamentaux des personnes migrantes et réfugiées présentes sur son territoire, tant à l’intérieur du pays qu’aux frontières avec les pays voisins. De nombreux rapports documentés par des organisations nationales et internationales témoignent de la continuité des violences et d’autres atteintes graves aux droits humains, notamment lors des événements tragiques les plus médiatisés tels que ceux survenus dans les zones frontalières autour de Ceuta et Melilla en 2005 et 2022. Le Maroc a également le devoir de protéger, et non de harceler, celles et ceux qui défendent les droits des personnes migrantes et réfugiées, en garantissant leur sécurité, indépendance, et liberté d’action. Les atteintes au droit et la criminalisation de la migration de manière générale touchent aussi les citoyens et citoyennes marocaines, comme le montrent les procédures brutales et arbitraires lors des tentatives de passage en masse dans les zones  frontalières comme lors de la « crise migratoire » de 2021 et son contexte de tensions diplomatiques. Tout comme les mouvements de contestations sociales récents (Hirak, 20 Février), les tentatives de passage de jeunes marocain.es et autres citoyen.nes africain.es témoignent d’une envie d’échapper à la marginalisation et des conditions de vie indignes.

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Les autorités ont déjà utilisé la Coupe comme excuse pour introduire de nouvelles barrières pour les citoyen.nes africain.nes sous la forme d’un visa électronique spécial CAN.

À l’approche de la Coupe d’Afrique des Nations, le Maroc se doit d’être à la hauteur de ses discours vertueux, et non se contenter de soigner son image. La CAN ne doit pas être un écran de fumée ni un outil de relations publiques ; elle doit servir à démontrer un engagement concret à rompre avec les politiques sécuritaires et hostiles qui dominent ailleurs, notamment en Europe. Le Maroc se targue d’être un leader sur le continent africain; il doit pouvoir mettre en avant les apports sociaux, culturels et économiques de la migration. Les autorités ont déjà utilisé la Coupe comme excuse pour introduire de nouvelles barrières pour les citoyen.nes africain.nes sous la forme d’un visa électronique spécial CAN.

Les mouvements de la jeunesse Marocaine (Gen Z 212), réprimés de manière brutale, ont récemment dénoncé les politiques du royaume, notamment en matière de santé et d’éducation, alors que des fonds publics sont investis dans la préparation de la coupe du monde de football mondial – sans grande prospective pour l’amélioration des conditions de vie de la majorité des Marocains et Marocaines. La CAN doit être l’occasion de dénoncer les atteintes aux droits et les manquements qui touchent toutes les populations vivant sur le territoire marocain – citoyen.nes du Maroc, des autres pays d’Afrique et au-delà qui ne jouissent pas équitablement du respect de leurs droits, notamment en matière de mobilité. 

Nous affirmons que la lutte des Marocain·e·s pour une vie meilleure est indissociable de la protection des droits, de la dignité et de la vie des personnes migrantes sur le territoire marocain.

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Nous appelons dès lors à des actions tangibles, et non à de simples promesses sans effet, de la part du gouvernement marocain. Si des progrès ont été faits ces dernières années dans le cadre de la SNIA, les effets restent largement insuffisants. Nous exigeons la fin des violences arbitraires et des déplacements forcés, ainsi que des avancées concrètes sur les promesses législatives, notamment l’adoption d’une véritable loi sur l’asile. Une politique migratoire digne doit favoriser l’inclusion et la justice, en particulier pour les personnes venues d’Afrique subsaharienne, et lutter contre le racisme.Nous affirmons que la lutte des Marocain·e·s pour une vie meilleure est indissociable de la protection des droits, de la dignité et de la vie des personnes migrantes sur le territoire marocain. Tant que les carences de l’État marocain à assurer la protection, la dignité et les droits des populations vivant sur son territoire continueront, la devise de nombreux jeunes et moins jeunes restera la même au Maroc: Koulchi Baghi lkhwi.

Nous appelons dès lors à des actions tangibles, et non à de simples promesses sans effet, de la part du gouvernement marocain.

Liste des premiers signataires : 

Organisations 

  1. Association Adala, pour le droit à un procès équitable
  2. Association lumière sur l’émigration clandestine au Maghreb (ALECMA)
  3. Association Marocaine des Droits Humains (AMDH)
  4. Benghazi Center for Migration and Refugee Studies
  5. Borderline-EuropeTeam
  6. Collectif Border Resistance
  7. EuroMed Droits
  8. Fondation Frantz Fanon
  9. Réseau marocain des journalistes des migrations (RMJM)
  10. Réseau Migreurop
  11. منظمة صوت لحقوق الانسان ليبيا

Individus (par ordre alphabétique des noms) 

  1. Ainani Khadija, militante des droits humains
  2. Bachelet Sébastien, Chercheur en anthropologie
  3. Benhaim Raymond, militants des droits humains
  4. Benslimane Dounia, actrice culturelle et associative
  5. Calame Claude, directeur d’études EHESS, Paris
  6. Ferdaoussi Nabil, chercheur 
  7. Hagan Maria, chercheuse en anthropologie
  8. Houdaifa Hicham, Éditions En toutes lettres & Openchabab/L’École de la pensée critique
  9. Jmad Oumaima, chercheuse et militante féministe
  10. Kit Patrick Bogmis, militant des droits des migrants
  11. Lemaizi Salaheddine, journaliste à ENNASS.ma
  1. Lyoubi Bahija, activiste 
  2. Mezzi Youssef, défenseur des droits humains
  3. Mseffer Dounia, journaliste 
  4. Radi Omar, journaliste 
  5. Sadere Rabiia, militante des droits des migrants
  6. Sammouni Mohamed, chercheur en sociologie politique
  7. Sayouri Jamila, avocate et militante
  8. Sefrioui Kenza, Éditions En toutes lettres 
  9. Soujar Sara, défenseuse des droits humains, avocate en stage au Barreau de Rabat
  10. Tbel Said, militant pour le respect des droits humains
  11. Vermont Ndlend Fils, militant des droits des migrants
  12. Zagaria Valentina, chercheuse en anthropologie


Vous pourrez également faire circuler ce formulaire qui permet à plus de signataires de rejoindre la campagne : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSeWuWjw3C2TEdn-YD4K9xgjZXvzXY_H0WY6iLBg2i0tEEugFA/viewform 

Lien Instagram de la campagne :  https://www.instagram.com/canyamacan2025/ 


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