CMSM : Les 20 ans de l’action associative migrante au Maroc
Le Conseil des Migrants Subsahariens au Maroc (CMSM) est une association marocaine fondée le 10 novembre 2005, en réaction aux tragiques événements de Ceuta et Melilla. Retour sur l’expérience de la première association fondée par les migrants sans-papiers au Maroc.
Le CMSM a été le noyau du mouvement associatif en faveur des droits des migrant(e)s au Maroc.
Le CMSM a été le noyau du mouvement associatif en faveur des droits des migrant(e)s au Maroc. Une action menée par les premiers concernés, les personnes en migration. Le Conseil vient de célébrer les 20 ans de son existence, le 14 novembre à Rabat. Parmi les thématiques abordées lors de cette rencontre, nous pouvons citer : « Vision Sud/Sud : Renforcer les liens entre les pays du Sud pour une migration durable », dont l’objectif était de « mettre en lumière la coopération diplomatique entre pays africains dans la gestion des migrations et le développement solidaire ».
Du terrain au travail avec les institutions
Le rôle principal du Conseil est « de promouvoir et défendre les droits des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile originaires d’Afrique subsaharienne », rappelle son actuel président, Serge Aimé Guemou.
« Le CMSM œuvre pour l’intégration socio-économique des migrants, en facilitant l’accès à l’emploi, à l’éducation et à la formation », poursuit son président.
À ses débuts, il était engagé également dans la lutte contre la discrimination, le racisme et les violences visant les migrants. Un des leaders de l’association avait subi une arrestation et des poursuites judiciaires en 2012, il s’agissait de Camara Laye. Le Conseil était aussi actif dans l’accompagnement des femmes migrantes vulnérables, notamment les femmes enceintes, et des enfants non accompagnés. L’association promeut aussi la cohésion entre les communautés subsahariennes et marocaines via des activités socioculturelles.
Le CMSM a été actif dans la défense des droits des migrants auprès des autorités, notamment pour la régularisation des titres de séjour. Il a contribué activement aux campagnes de régularisation exceptionnelles des migrants au Maroc (notamment en 2014 et 2017). Le Conseil a été actif pour former des relais communautaires aux droits et à l’accès à la justice.
En partenariat avec Oxfam Maroc, il avait mené il y a quelques années des projets comme « Protection-Résilience-Migrations » pour renforcer les capacités des associations migrantes.
Aujourd’hui, l’association joue un rôle de médiation entre migrants, société civile, institutions marocaines et organisations internationales. D’ailleurs, ce colloque anniversaire a fait la part belle aux voix institutionnelles.
Évolution et avenir
L’évolution du CMSM est aussi un miroir de l’évolution du secteur associatif migratoire au Maroc.
L’évolution du CMSM est aussi un miroir de l’évolution du secteur associatif migratoire au Maroc. Composé au début des années 2000 uniquement de quelques rares associations, ce segment du monde associatif au Maroc connaît aujourd’hui une floraison d’organisations spécialisées dans plusieurs domaines (droits humains, droits à l’égalité, droits des enfants, insertion socio-professionnelle, etc.).
Composé au début des années 2000 uniquement de quelques rares associations.
Après le départ de plusieurs figures fondatrices du Conseil vers d’autres pays ou d’autres horizons associatifs (ALECMA, Plateforme ASCOMS, Collectif des communautés subsahariennes au Maroc, etc.), l’action de cette organisation a connu un fléchissement et une orientation vers plus de médiation institutionnelle que vers des actions de terrain ou une démarche de plaidoyer. L’histoire du Conseil et du mouvement migratoire demeure à écrire…